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samedi 4 juillet 2015

Είμαστε όλοι Ελληνες







 Che fece... il gran rifiuto

Σε μερικούς ανθρώπους έρχεται μια μέρα
που πρέπει το μεγάλο Ναι ή το μεγάλο το Όχι
να πούνε. Φανερώνεται αμέσως όποιος τόχει
έτοιμο μέσα του το Ναι, και λέγοντάς το πέρα

πηγαίνει στην τιμή και στην πεποίθησί του.
Ο αρνηθείς δεν μετανοιώνει. Aν ρωτιούνταν πάλι,
όχι θα ξαναέλεγε. Κι όμως τον καταβάλλει
εκείνο τ’ όχι — το σωστό —  εις όλην την ζωή του. 




 Che fece... il gran rifiuto (1)

Pour certains hommes, il vient un jour où il faut dire le grand OUI ou le grand NON. Celui qui l'a prêt en soi, ce OUI, se manifeste tout de suite ; en le disant, il progresse dans l'estime d'autrui et selon ses propres lois.

Celui qui a refusé ne regrette rien : si on l'interrogeait de nouveau, il répèterait NON — et cependant ce NON, ce juste NON, l'accable pendant toute sa vie.

Constantin Cavafis  (Traduction : Marguerite Yourcenar)

(1) :  le titre de ce poème de Cavafis vient du troisième chant de l'Enfer de Dante (vers 60), où il est question de Célestin V, le pape qui "fit le grand refus", c'est-à-dire qui renonça à la tiare pontificale. On remarquera que Cavafis omet volontairement la partie centrale du vers ("che fece per viltade il gran rifiuto", "qui fit par lâcheté le grand refus"), dont la reprise aurait considérablement altéré la signification profonde du poème.



Che fece... il gran rifiuto

À quelques-uns arrive un jour
d'avoir à choisir entre le grand Oui
et le grand Non. Se révèle aussitôt celui
qui a le Oui tout prêt en lui, et de le dire

le fait aller plus loin dans l'honneur et dans sa conviction.
Celui qui refuse ne regrette rien. Si on lui reposait la question,
c'est non qu'il redirait. Et pourtant il l'accable,
ce non — dans sa justesse — durant toute sa vie.

Traduction : Dominique Grandmont




Che fece... il gran rifiuto 

Arriva per taluni un giorno, un'ora
in cui devono dire il grande Sì
o il grande No. Subito appare chi
ha pronto il Sì : lo dice, e sale ancora

nella propria certezza e nella stima.
Chi negò non si pente. Ancora No,
se richiesto, direbbe. Eppure il No,
il giusto No, per sempre lo rovina.

Traduzione : Filippo Maria Pontani






Images : en haut, Carron Brown  (Site Flickr)

mardi 28 avril 2015

Candele (Cierges)




 KEPIA

Του μέλλοντος οι μέρες στέκοντ' εμπροστά μας
σα μια σειρά κεράκια αναμένα –
χρυσά, ζεστά, και ζωηρά κεράκια.

Οι περασμέμες μέρες πίσω μένουν,
μια θλιβερή γραμμή κεριών σβυσμένων·
τα πιο κοντά βγάζουν καπνόν ακόμη,
κατάμαυρα κεριά, κυρτά, λυωμένα.

Δεν θέλω να τα βλέπω·με λυπεί η μορφή των,
και με λυπεί το πρώτο φως των να θυμούμαι.
Εμπρός κυττάζω τ'αναμένα μου κεριά.

Δεν θέλω να γυρίζω, να μη διώ και φρίξω
τι γρήγορα που η σκοτεινή γραμμή μακραίνει,
τι γρήγορα που τα σβυστά κεριά πληθαίνουν.

Κωνσταντίνος Καβάφης






 Candele

Stanno i giorni futuri innanzi a noi
come une fila di candele accese –
dorate, calde e vivide.

Restano indietro i giorni del passato,
penosa riga di candele spente :
le più vicine danno fumo ancora,
fredde, disfatte, e storte.

Non le voglio vedere : m’accora il loro aspetto,
la memoria m’accora del loro antico lume.
E guardo avanti le candele accese.

Non mi voglio voltare, ch’io non scorga, in un brivido,
come s’allunga presto la tenebrosa riga,
come crescono presto le mie candele spente.

Costantino Kavafis

Traduzione : Filippo Maria Pontani








Cierges

Les jours futurs se dressent devant nous
comme une file de cierges allumés –
dorés, chauds et pleins de vie.

Les jours passés demeurent derrière nous,
triste rangée de cierges éteints :
les plus proches fument encore,
froids, fondus et penchés.

Je ne veux pas les voir : leur aspect m'attriste,
comme m'attriste le souvenir de leur lumière passée.
Et je regarde devant moi les cierges allumés.

Je ne veux pas me retourner, de peur de découvrir en tremblant
comme la sombre rangée s'allonge vite,
comme grandit vite le nombre de mes cierges éteints.

Constantin Cavafis

(Traduction personnelle)








Images : (1) et (2) Francesco Pappalardo  (Site Flickr)

(3) Stefania Galazzo  (Site Flickr)


dimanche 4 janvier 2015

Perché giungano (Pour qu'elles viennent)




Για να 'ρθουν (1920)

Ένα κερί αρκεί.        Το φως του το αμυδρό
αρμόζει πιο καλά,     θάναι πιο συμπαθές
σαν έρθουν της Αγάπης,     σαν έρθουν οι Σκιές.

Ένα κερί αρκεί.       Η κάμαρη απόψι
να μην έχει φως πολύ.     Μέσα στην ρέμβην όλως
και την υποβολή,       και με το λίγο φως -
μέσα στην ρέμβην έτσι      θα οραματισθώ
για νάρθουν της Αγάπης,      για νάρθουν οι Σκιές.

Κωνσταντίνος Καβάφης


Perché giungano

Una candela, e più nulla.    Quel lume fievole
meglio s'addice, più     fascinoso sarà,
quando le Ombre giungano,   Ombre di Voluttà.

Una candela. Via,    stasera, dalla camera
troppe luci. Mi sia      dato fantasticare,
perso nella malìa     suggestiva del sogno,
abbandonato al sogno     entro quel lume fievole,
perché le Ombre giungano,    Ombre di Voluttà.

Costantino  Kavafis

Traduzione : Filippo Maria Pontani  (Oscar Mondadori Ed)






Pour qu'elles viennent

Une chandelle, rien de plus.    Cette lumière douce
est ce qui convient le mieux,     elle sera la plus propice,
quand viendront les Ombres,    les Ombres de Volupté.


Une chandelle, rien de plus.    Dans la chambre, ce soir,
aucune autre lumière.     Que la rêverie m'emporte,
dans ses sortilèges      et ses enchantements,
abandonné au rêve    dans cette lumière douce,
pour que les Ombres viennent,    les Ombres de Volupté.

Constantin Cavafis

(Traduction personnelle)








Images : en haut, Claudio Siciliano  (Site Flickr)

au centre, Armin Vogel  (Site Flickr)

en bas, Irene Spadacini  (Site Flickr)