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mercredi 11 novembre 2015

Soledades




En el entierro de un amigo

Tierra le dieron una tarde horrible
del mes de julio, bajo el sol de fuego.

A un paso de la abierta sepultura
había rosas de podridos pétalos,
entre geranios de áspera fragancia
y roja flor. El cielo
puro y azul. Corría
un aire fuerte y seco.

De los gruesos cordeles suspendido,
pesadamente, descender hicieron
el ataúd al fondo de la fosa
los dos sepultureros...

Y al reposar sonó con recio golpe,
solemne, en el silencio.

Un golpe de ataúd en tierra es algo
perfectamente serio.

Sobre la negra caja se rompían
los pesados terrones polvorientos...

El aire se llevaba
de la honda fosa el blanquecino aliento.

– Y tú, sin sombra ya, duerme y reposa,
larga paz a tus huesos...

Definitivamente,
duerme un sueño tranquilo y verdadero.

Antonio Machado  Soledades






Per la sepoltura di un amico

Lo sotterrarono une sera a luglio,
orribile, sotto un sole di fuoco.

A un passo dall'aperta sepoltura,
c'erano rose dagli appassiti
petali tra gerani dal profumo
aspro e il fior rosso. Il cielo
puro e azzurro. Un vento
forte e secco spirava.

Due becchini calarono
nel fondo della fossa
una bara, sospesa a grosse corde
pesantemente...

E giacendo vibrò con secco colpo,
solenne, nel silenzio.

Il colpo di una bara in terra, ahimé
come risuona grave !

Sopra la nera cassa le pesanti 
zolle polverose si rompevano...

Il vento emanava il soffio cenerino
dal fondo della fossa.

– E tu, ormai senz'ombra, dormi e riposa,
sia eterna pace alle tue ossa...

Definitivamente,
dormi un sonno che sia tranquillo e vero.

Traduzione : Claudio Rendina






Pour l'enterrement d'un ami

On l'enterra un horrible soir 
de juillet, sous un soleil de feu.

Tout près de la tombe ouverte,
il y avait des roses aux pétales fanés 
parmi des géraniums rouges 
au parfum âpre. Le ciel 
était pur et bleu. Il soufflait
un vent fort et sec.

Suspendu à deux grosses cordes,
pesamment, les deux fossoyeurs 
descendirent au fond de la fosse
le cercueil...

Et il heurta le sol avec un bruit sourd,
solennel, dans le silence.

Le bruit d'un cercueil qui touche la terre
est toujours quelque chose de grave.

Sur la caisse noire se brisaient
les mottes de terre lourdes et poussiéreuses...

Le vent faisait remonter
du fond de la fosse un souffle cendreux.

– Et toi, désormais sans ombre, dors et repose,
que tes os trouvent la paix éternelle...

Définitivement,
dors d'un sommeil tranquille et véritable.

(Traduction personnelle)








Images : (1) Federico Romero  (Site Flickr)

(2) Federico Romero Galán  (Site Flickr)

(3 et 4)  Site Flickr