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mercredi 4 avril 2018

Prendre le large




Le Large, chanté par Françoise Hardy (Paroles et musique : La Grande Sophie, 2018)

Aucune histoire banale gravée dans ma mémoire 
 Aucun bateau pirate ne prendra le pouvoir 
 Aucune étoile filante me laissera dans le noir 
 Aucun trac, aucun... 

 Et demain tout ira bien, tout sera loin 
 Là au final quand je prendrai le large 
Tout sera loin, donne moi la main 
Là au final quand je prendrai le large 

Aucune larme aucune ne viendra m'étrangler 
Aucun nuage de brume dans mes yeux délavés 
Aucun sable ni la dune n'arrête le sablier 
Aucun quartier de lune, aucun...




Et demain tout ira bien, tout sera loin 
Là au final quand je prendrai le large 
Tout sera loin, donne moi la main 
Là au final quand je prendrai le large 

Aucun autre décor, aucun autre que toi 
Aucune clef à bord, aucune chance pour moi 

Et demain tout ira bien, tout sera loin 
Là au final quand je prendrai le large 
Tout sera loin, donne moi la main 
Là au final quand je prendrai le large 

Aucun requin, aucun air triste 
Aucun regret, aucun séisme 
Aucune langue de bois 
Aucun chaos, aucun, aucun... 

Et demain tout ira bien, tout sera loin 
Là au final quand je prendrai le large 
Tout sera loin, donne moi la main 
Là au final quand je prendrai le large






Images : en haut, photographie personnelle

en bas, extrait du clip de François Ozon

jeudi 19 octobre 2017

Madame D.




Pour saluer Danielle Darrieux, qui vient de nous quitter au bel âge de cent ans, une séquence de Madame de, le chef d’œuvre de Max Ophuls (et à mon avis le plus beau rôle de cette merveilleuse actrice) avec peut-être la plus pertinente utilisation de l'antiphrase qu'on ait pu voir au cinéma.  Au-dessous, une chanson de Françoise Hardy, Je ne vous aime pas, inspirée de cette séquence...


— Revenez bientôt !

— Je ne vous aime pas... Je ne vous aime pas... 

— Je ne vous aime pas...









Images : captures d'écran du film de Max Ophuls Madame de (Gaumont DVD)



samedi 6 août 2016

Mer (Mare)




Mer
mon cœur pèse des tonnes
et mon corps s’abandonne
si léger à la mer 
la mer pleure ses vagues 
qui ont un goût de larmes 
et s'en vont, éphémères, 
se perdre en la terre 
se fondre à la terre




Mer 
magique, originelle 
dans son rythme essentiel 
le ventre de la mer 
vous garde pour vous jeter 
dans un monde desséché 
qui n'est fait que de terre 
où je n'ai jamais 
su ce qu'il faut faire 

et la vague danse et joue 
puis se brise 
et la mer tout à coup 
devient grise 
mon amour est si lourd à porter 
je voudrais doucement me coucher 

Dans la mer 
magique, originelle 
dans son rythme essentiel 
je voudrais que la mer 
me reprenne pour renaître 
ailleurs que dans ma tête 
ailleurs que sur la terre 
où sans mon amour 
je ne peux rien faire

(Françoise Hardy / Tuca, 1971)






Images : en haut, Romain B. (Site Flickr)

en bas, Aurélien  (Site Flickr)

mardi 8 septembre 2015

Une chanson (Una canzone)




Françoise Hardy chante Tu ressembles à tous ceux qui ont eu du chagrin (Paroles et musique : Françoise Hardy, 1970) :




Tu ressembles à tous ce qui ont eu du chagrin 
mais le chagrin des autres ne m'intéresse point 
parce que les yeux des autres sont moins bleus que les tiens.

Et comme tous les gens qui ont eu du chagrin 
ton visage souvent a l'air dur et lointain 
mais le visage des autres est moins beau que le tien.

À cause d'un regard, à cause d'un chagrin  
je voudrais dire "je t'aime" et je voudrais dire "viens" 
mais ce n'est pas possible d'être sûre du bien 
ni du mal qu'on va faire, alors je ne dis rien.

J'aurais peur moi aussi de te faire du chagrin 
et pourtant aujourd'hui c'est à toi que je tiens 
et pourtant toi aussi peux me faire du chagrin 
parce que les yeux des autres sont moins bleus que les tiens.






Tu mi ricordi quelli che hanno avuto un dispiacere,
ma i dispiaceri degli altri non mi interessano per niente
perché gli occhi degli altri non sono azzurri come i tuoi.

E come tutti quelli che hanno avuto un dispiacere
il tuo viso spesso sembra cupo e distante 
ma il viso degli altri non è bello come il tuo...








Images : en haut et au centre, Helmut Guth (1) Le Regard  (2) Vers Cully

en bas, Emilien Sallustio  Autoportrait  (détail)   Site Flickr

mardi 4 août 2015

Sole (Soleil)






Françoise Hardy canta Sole, ti amo  (Testo : Françoise Hardy, Musica : Tash Howard - Sandy Alpert, adattazione italiana : N. Tristano, 1970) :

Si viveva con il sole 
E ci svegliava lui 
Ogni mattina 
E a due passi c'era il mare 
Bastava scivolare 
Dalla collina 
Sulla spiaggia correvamo 
La mano nella mano 
Come bambini 
Mi portava una conchiglia 
E il sale sulle ciglia 
Mi baciava piano

Sole ti amo
E t'amerò
Tu sei fedele 
Ma lui no 
A quest'ora 
Dove sta ? 
Chissà...

Preparavo dei panini 
Divisi in due cestini 
Ogni mattina 
Si mangiava sugli scogli 
O sopra una tovaglia 
Di sabbia fina 
Così passavano le ore 
Distesi accanto al mare 
E si sognava 
Una casa e dei bambini 
Tante rose in un giardino 
Che felicità 

Sole ti amo
E t'amerò
Tu sei fedele 
Ma lui no 
A quest'ora 
Dove sta ? 
Chissà...

Sole sole dimmi tu 
Lo vedi di lassù 
Il mio amore ? 
Tu che da un'eternità 
Vedi ogni felicità 
E ogni dolore 
Quante spiagge io vedrò 
E visi guarderò 
Nella mia vita 
Per scordare piano piano 
Quella casa e quei bambini 
Che non mi darà ? 

Sole ti amo
E t'amerò
Tu sei fedele 
Ma lui no 
A quest'ora 
Dove sta ? 
Chissà...










Images : en haut, Pietro Monteleone  (Site Flickr)

en bas, (1) Corrado Allsonno  (Site Flickr)

(2) Patrizia Ferraglioni  (Site Flickr)

(3) Loredana Angelucci  (Site Flickr)



dimanche 26 juillet 2015

Dix heures et demie du soir en été






Comment décrire 
Le jardin dévasté 
Dix heures du soir en été... 

À quoi bon vous dire 
La chaleur lourde 
D'avant la foudre ? 

La vie qui part 
La terre qui s'ouvre 
Le feu aux poudres... 

Dans leurs regards 
Entre leurs mains, 
La fin de l'histoire... 

À tout jamais 
La beauté niée 
Détournée... 

L'orage éclaté 
La pluie qui tombe 
Dans un fracas de fin du monde...



On aimerait rire 
Des faux soupirs... 
Au moins lui dire... 

Le vain miroir 
Qu'elle tend, les fards... 
Le vent qu'elle vend... 

Comment décrire 
Tout le carnage 
D'après l'orage ? 

Dix heures en été : 
La nuit qui tombe 
Dans un néant de fin du monde... 

Il devrait fuir 
Les faux sourires 
Se dessaisir 

Du vain miroir 
Qu'elle tend, des fards 
Du vent qu'elle vend...






Images : en bas, (1) Pierre-Paul Feyte  (Site Flickr)

(2) extrait de Dix heures et demie du soir en été, de Marguerite Duras





vendredi 5 décembre 2014

Tante belle cose (Tant de belles choses)




Alice chante Tante belle cose, une chanson de Françoise Hardy [Tant de belles choses] adaptée en italien par Franco Battiato :


Devo lasciare la tua mano 
senza dirti a domani 
niente potrà cambiare il mio legame 
anche se devo andare via 
tagliare i ponti, cambiare treno 
l’amore è più forte di un addio 
quello che fa battere il cuore sublimando il dolore 
trasformare il piombo in oro tante belle cose ancora 
alla fine del tunnel si disegnerà un arcobaleno 
rifioriscono i lillà 
tante sorprese innanzi a te 

Ti seguirò da un'altra riva 
qualunque cosa tu farai 
io sarò con te come una volta 
anche se andremo alla deriva 
stati di grazia forze nuove ritorneranno molto presto 
nello spazio tra cielo e terra 
si nascondono misteri 
come la nebbia all’alba e tante belle cose che tu ignori 
la fede che abbatte le montagne 
la purezza del tuo cuore 
pensaci appena ti addormenti 
l’amore è più forte della morte 

Nello spazio tra cielo e terra 
si nascondono misteri 
pensaci quando ti addormenti 
l’amore è più forte della morte






Je dois lâcher ta main
sans te dire à demain
rien ne pourra briser notre lien
même si je dois m'en aller
couper les ponts, changer de train
l'amour est plus fort qu'un adieu
ce qui fait battre le cœur en sublimant la douleur
transformer le plomb en or, tant de belles choses encore
au bout du tunnel se dessinera un arc-en-ciel
les lilas refleurissent
tant de surprises devant toi

Je te suivrai depuis une autre rive
quoi que tu fasses
je serai avec toi comme autrefois
même si nous partirons à la dérive
des états de grâce, des forces nouvelles renaîtront
dans l'espace entre le ciel et la terre
se cachent des mystères
comme la brume à l'aube et tant de choses que tu ignores
la foi qui abat les montagnes
la pureté de ton cœur
penses-y quand tu t'endors
l'amour est plus fort que la mort

Dans l'espace entre le ciel et la terre
se cachent des mystères
penses-y quand tu t'endors
l'amour est plus fort que la mort









Images : en haut, Site Flickr

en bas, (1) Agnès  (Site Flickr)

(2) Luca Galluzzi  (Site Flickr)

samedi 20 septembre 2014

Gli Altri (Les Autres)




Françoise Hardy canta Gli Altri (H. Pagani - F. Hardy), 1967 :




E già
Io sto sempre con gli altri
Però
La ragione la sai
Non ci sei mai
E già
Io m'annoio con gli altri
Però
Sola cosa farei ?
Tu sei con lei
E già
Cosa vuoi
Ho bisogno di te

Se mi vuoi
Sono tua un'altra volta
Caro guardami ed ascolta
Io ti amo
Ti amo
Ti amo

No non puoi
Stare lì senza
Dir niente
Non capisci che è importante ?
Io ti amo
Ti amo
Ti amo

Ma sì
Me ne torno dagli altri
Son tanti
Tutti pazzi di me
Proprio così
E tu
Torna pure da quella
Se l'ami
O così pare a te
Corri da lei
Però
Ogni tanto ricordati che

Se mi vuoi
Sono tua come una volta
Caro guardami ed ascolta
Io ti amo
Ti amo
Ti amo

No non puoi
Stare lì
Senza dir niente
Non capisci che è importante ?
Io ti amo
Ti amo
Ti amo

Hé oui, 
Je suis toujours avec les autres
Mais
Tu sais pourquoi
Tu n'es jamais là
Hé oui,
Je m'ennuie avec les autres
Mais
Je ne peux pas être toujours seule...






samedi 8 octobre 2011

Les Solécistes zélés




Plutôt qu'une indifférence cavalière, c'est souvent un excès de zèle qui fait verser la phrase, la phrase de journaliste en particulier, dans l'ornière du solécisme. Face à tous les abrupts et proliférants c'que j'ai peur et c'que j'ai envie du langage «relâché» fleurissent des constructions nettement plus recherchées, méticuleuses même, mais non moins bancales : ce n'est pas qu'il leur manque une jambe, ce serait plutôt qu'elles en ont une de trop : «Ce dont il a peur c'est de la recrudescence de..., etc.», «c'est de son retour éventuel dont je m'inquiète..., etc.», «ce dont je voudrais vous parler, c'est de la renaissance de..., etc.». La nécessité du dont est bien perçue, mais nullement son sens, ni sa fonction. La contrainte qui l'impose est bien respectée, mais de façon toute extérieure et mécanique, sans être comprise, ni dans ses raisons ni dans ses effets. Après dont, c'est là qui sert le plus souvent de théâtre, ou de prétexte, à cette curieuse surcharge syntaxique : «C'est là où fut retrouvé le corps de Charles le Téméraire.» On dirait le monde peuplé de disciples grammaticaux de Françoise Hardy, tout impatients de proclamer comme elle : C'est à l'amour auquel je pense...

Renaud Camus  Esthétique de la solitude Editions P.O.L, 1990




On remarquera que l'auteur de la version italienne de la chanson a évité la redondance dans le titre : E' all'amore che penso, C'est à l'amour que je pense, et qu'il s'en tire fort habilement dans le refrain pour récupérer le nombre de syllabes nécessaires à la mélodie : E' all'amore che fai pensare (C'est à l'amour que tu fais penser), puis, à la fin de la chanson : E' all'amore che penserò (C'est à l'amour que je penserai). (Dans la vidéo ci-dessous, la chanson est à 2' 40'', juste après L'età dell'amore)




Image (en haut) : Renaud Camus (Site Flickr)

vendredi 7 octobre 2011

Cantagiro




«Je fus engagée pour le Cantagiro, un tour d'Italie surréaliste, non du vélo mais de la chanson, qui regroupait les chanteurs les plus populaires de la péninsule. Entre deux étapes, la foule se massait tout au long de la route pour voir passer les voitures décapotables d'où chaque vedette répondait aux vivats par force gestes et sourires. Le spectacle avait lieu tous les soirs dans un stade où chacun y allait de son tube du moment devant une dizaine de milliers de personnes en ébullition. Adriano Celentano était déjà une légende que le public italien vénérait pour son talent et sa personnalité haute en couleur, au point que s'il y avait trop de chahut lors d'une représentation, il suffisait que, tel un pape, il apparaisse et dise trois mots bien sentis pour qu'un silence religieux s'installe aussitôt. J'avais un faible pour Gianni Morandi, aussi adulé à l'époque qu'Eros Ramazotti aujourd'hui, dont le tube que j'écoutais en boucle, Se non avessi più te, était l'une des premières compositions d'Ennio Morricone. 




Beau comme un dieu, il se campait sur ses jambes écartées et galvanisait le public en chantant à pleine voix sa magnifique chanson avec un mélange typiquement italien d'énergie, de conviction et de naturel. Jean-Marie [Périer] et moi dinâmes à Paris avec Gianni et son agent. Celui-ci nous apprit qu'au début, son poulain et lui hésitaient entre la boxe et la chanson – seules voies accessibles à quelqu'un du peuple pour faire fortune. Ils avaient décidé de tenter d'abord leur chance dans la chanson, quitte à se retourner vers la boxe en cas d'échec. Devant notre stupéfaction amusée, Gianni nous montra ses mains – grandes, belles et puissantes – comme pour nous convaincre qu'il n'avait pas que ses cordes vocales à son arc...»

Françoise Hardy Le désespoir des singes... et autres bagatelles, Ed. Robert Laffont, 2008










Photographie de Françoise Hardy : Source

lundi 29 mars 2010

Sono solo canzonette (11)




Françoise Hardy chante Il mare, le stelle, il vento (1970)
(Annariti - F. Hardy) :

Io amo il mare che non ha
Una risposta ai miei perché
Che chiude in sé misteri blu
Eppure il mare non sei tu
Tu che non sai mentire mai

Io amo il vento che non sa
Restare un'ora accanto a me
Lui mi accarezza e se ne va
Eppure il vento non sei tu
Tu che non sai lasciarmi più

E amo tanto anche le stelle
Inaccessibili e lontane
Perché è nascosto nelle stelle
Un mondo che non si può avere

Poi quando sei vicino a me
Cerco i tuoi occhi e sento che
Tutto il mio mondo è chiuso in te
E allora il vento il mare blu
Le stelle bianche di lassù

Io le dimentico per te.




(Et j'aime tellement les étoiles
Inaccessibles et lointaines,
Parce qu'en elles se cache
Un monde que l'on ne peut pas atteindre.

Et puis quand tu es tout près de moi

Je regarde tes yeux et m'aperçois
Que tout mon monde est en toi,
Et alors le vent et la mer d'azur,
Les étoiles brillantes tout là haut,

Pour toi, je peux les oublier.)

Source de la vidéo : Site YouTube