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samedi 29 septembre 2012

Le Stagioni del fuoco (II) Les Saisons du feu (II)




"Wir wandelten durch Feuergluten,
Bekämpfen mutig die Gefahr."








I


Dopo, passato anche il fuoco, ci sarà
soltanto la verità della luce.

La luce, lama, limite
che non si può raggiungere, ma che
gli occhi dell'uomo inseguono, finché
non sono più occhi.

Quando ci troveremo nel barbaglio
dove né dentro né fuori, né
mancina né destra, né
prima né poi esistono più
dove non ci saranno più inverno né
estate, calme foschie né
ghiacci viaggianti
là dove i punti
cardinali, quello di tramontana e
di libeccio e di scirocco
vorticano, si
fondono
in un solo punto, che specchia
stelle in una corolla di calendula

staremo allora nella luce, nella
verità
e ciascuno di noi conoscerà
il suo Dio.

Giuseppe Conte  Le stagioni  Ed. Rizzoli, 1988










II


Après, quand le feu aussi aura été franchi, il y aura
la seule vérité de la lumière.

une lame, une limite
impossible à atteindre, mais
les yeux de l'homme la pousuivent, jusqu'à
ne plus être des yeux.

Quand nous serons dans l'éblouissement
où n'existent plus ni dehors
ni dedans, ni côté gauche
ni côté droit, ni avant
ni après, où il n'y aura plus d'hiver
ni d'été, ni brumes impassibles ni
glaces flottantes,
là où les points
cardinaux, celui de la tramontane,
du suroît et du sirocco
tourbillonnent et se 
fondent
en un seul point, qui reflète
les étoiles dans une corolle de calendula

nous serons alors dans la lumière, la 
vérité
et chacun de nous connaîtra
son Dieu.

Traduction : Jean-Baptiste Para  (Editions de L'Escampette, Bordeaux, 2002)








Images : en haut, Jean-Paul Marcheschi   Aube  (Source)

au centre, Site Flickr

en bas, Mozart, Die Zauberflöte  (Opéra de Seattle)



vendredi 28 septembre 2012

Le Stagioni del fuoco (I) Les Saisons du feu (I)





 I


La fiamma assomiglia all'anima
dell'uomo : assomiglia alla rosa
più alta del roseto
al papavero che sovrasta
l'erba rasa di un campo
al minareto nel mattino
azzurro tra le foglie di palma.

La fiamma ritorna alla sua
dimora, all'alto del cielo, ai
soli.
Quella dell'incendio, della vampa
che consuma e corrode
palazzi, torri, fortezze
di guerrieri e di dei
e quella della candela
tremula che di notte
resta sul davanzale
e attende il volo
delle falene.

In alto, più leggera
dell'acqua e del gelo
con lo stesso potere
che sbianca, che fa vanire
il fiore sullo stelo
in alto, lieve
come il peduncolo delle
ciliege
come la nube
spinta dal levante
come un ramo azzurro
del palissandro a luglio.

Fiamma frontale, fuga
di fumo : agrumeti
d'inverno sotto i vulcani.

Come cavalli rovani
in corsa sul confine
di lunghe sabbie e di botri
va l'anima, attraversa
il regno del fuoco.

Giuseppe Conte Le stagioni, ed. Rizzoli, 1988.









I


La flamme ressemble à l'âme 
de l'homme : elle ressemble à la rose
la plus haute de la roseraie
au coquelicot qui domine
l'herbe rase d'un champ
au minaret dans le matin bleu
parmi les palmes.

La flamme fait retour
à sa demeure, aux cimes du ciel, aux
soleils.
Celle de l'incendie, du brasier
qui consume et ronge
les palais, les tours, les forteresses
des guerriers et des dieux
et celle de la bougie
qui reste au bord de la fenêtre
et attend, vacillante,
le vol nocturne
des phalènes.

En haut, plus légère
que l'eau et le givre,
avec le même pouvoir
de blancheur, elle fait pâlir
la fleur sur sa tige,
légère
comme le pédoncule
des cerises
comme le nuage
poussé par le vent d'Est
comme une branche bleue
de palissandre en juillet.

Flamme frontale, fugue
de fumée : orangeraies en hiver
sous les volcans.

Comme des chevaux rouans
au galop sur la frontière
des sables et des ravins
l'âme va, traverse
le royaume du feu.

Traduction : Jean-Baptise Para (Editions de L'Escampette, Bordeaux, 2002)









Images : en haut, Jean-Paul Marcheschi  La Sciarra  (photo : Renaud Camus  Site Flickr)

au centre et en bas, Blog Les 7 du mardi