
Il faudra donc quitter ce monde
et sans se plaindre
les fleurs les livres les visages
Les nuages sont des continents
qui se déplient et se déploient
comme autant de drapeaux de pays inconnus
où nous n'irons jamais
Trop tard Il faudra s'en aller
tout seul en terre ou en cendres dans l'eau
Le jour passe vient la nuit
Ce n'est pas tant la vie
qui meurt que tous les souvenirs
qu'on emporte avec soi et que personne
ne partagera plus
S'en aller dans un royaume de mémoire
en bord de mer où tout sera
pareil au rythme d'un voyage
que nous ne ferons plus
Bernard Delvaille Derniers vers (in Œuvre poétique La Table Ronde, 2006)

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