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vendredi 20 novembre 2015

I dolori del giovane Werther (Les Souffrances du jeune Werther)



"Perché mi svegli, soffio di primavera ?"





Il giovane Werther amava Carlotta 
e già della cosa fu grande sussurro. 
Sapete in che modo si prese la cotta ? 
La vide una volta spartir pane e burro. 

Ma aveva marito Carlotta, ed in fondo 
un uomo era Werther dabbene e corretto ; 
e mai non avrebbe (per quanto c'è al mondo), 
voluto a Carlotta mancar di rispetto. 

Cosí, maledisse la porca sua stella ; 
strillò che bersaglio di guai era, e centro ; 
e un giorno si fece saltar le cervella, 
con tutte le storie che c'erano dentro. 

Lo vide Carlotta che caldo era ancora, 
si terse una stilla dal bell'occhio azzurro ; 
e poi, vòlta a casa (da brava signora), 
riprese a spalmare sul pane il suo burro.

Ernesto Ragazzoni  Buchi nella sabbia e pagine invisibili  Einaudi Editore, 2000 






Le jeune Werther aimait Charlotte
et déjà la nouvelle fit grand bruit.
Savez-vous comment cet amour naquit ?
Il la vit une fois étaler du beurre sur du pain.

Mais Charlotte avait un mari, et par nature
Werther était un homme comme il faut et correct ;
et (pour rien au monde) jamais il n'aurait
voulu à Charlotte manquer de respect.

Ainsi, il maudit sa mauvaise étoile ;
hurla qu'elle était la cible et le centre de tous les malheurs ;
et un jour il se fit sauter la cervelle,
avec toutes les histoires qu'il y avait à l'intérieur.

Charlotte le vit alors qu'il rendait l'âme,
elle essuya une larme perlant sur ses beaux yeux bleus ;
et puis, rentrée au foyer (comme une bonne épouse),
elle se remit à étaler du beurre sur son pain.

(Traduction personnelle)






Images : en haut, Jonas Kaufmann dans Werther (Massenet)

au centre, gravure pour une édition des Souffrances du jeune Werther, de Goethe

en bas, François-Charles Baude (1880 - 1953), La Mort de Werther



3 commentaires:

  1. Hors la cruauté de cette histoire malicieuse (Pauvre Werther !), il est bon de se rappeler qu'un geste anodin peut soudain être à l'origine d'un bouleversement amoureux.

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    1. Très juste, et ce petit poème sarcastique est sans doute plus profond qu'il n'en a l'air, comme vous l'avez bien perçu !

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  2. Que Werther est bête ! Détester le beurre à ce point-là ! Brando, dans le "Dernier tango", en joue tout autrement . Il est cependant vrai que là il n'était pas question de tartine.

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