dimanche 22 février 2015

Nella penombra (Dans la pénombre)




L'origine di penombra è paene ombra, quasi ombra, fusione di Yang e di Yin in cui sembra prevalere Yin, su cui nell'usarlo non si riflette : la maggior parte delle parole sono adoperate avventatamente. Nel parlato la penombra è quasi scomparsa, perché non è tollerata dal linguaggio tecnico e perché è cessata la figura ambiguamente colorata, il punto di ambiente in cui la collocavamo. Si dice "l'ombra della morte" (umbra mortis – tzalmàwet) senza vederla : invece è nata come visione e nel salmo 23 è una valle, un luogo che si percorre, con Qualcuno o soli. È bello "vita umbratile", il punto di ambiente è la penombra. Certe vite sono state tutte nel segno della penombra (Kavafis, la mia forse, il mese di Elùl, la Virgo). Shabbàt e giorno di Ramadàn cessano nello sfumare in penombra della luce diurna, il tragico greco e raciniano non conoscono penombre. La linea d'ombra di The Shadow Line è un impalpabile istante di penombra, la casa giapponese tradizionale su cui ci ha illuminati Junichiro Tanizaki è tutta in penombra, la poesia virgiliana (anche l'epica) è poesia di penombra, e il transito degli etruschi sulla terra, e il teatro di Cechov e... Senza penombra non c'è il riposo, che è tutto in quel cerchio, non c'è neppure ascolto, di voci o musica... Nel pizzicato del violino e della chitarra si può udire la penombra singhiozzare, senza molestia, come se parlasse. 

Guido Ceronetti  La pazienza dell'arrostito  Adelphi Edizioni, 1990 






L'origine de pénombre est paene umbra, presque ombre, fusion du Yang et du Yin où semble prévaloir le Yin, et l'on n'y réfléchit pas quand on l'utilise : la plupart des mots sont employés étourdiment. Dans le parler la pénombre a quasiment disparu, parce qu'elle n'est pas tolérée par le langage technique, qu'a disparu la figure ambigument colorée, le point d'atmosphère où nous la placions. On dit "l'ombre de la mort" (umbra mortis — tzalmàwet) sans la voir ; pourtant, elle est née comme une vision et dans le psaume 23 c'est une vallée, un lieu que l'on parcourt, avec Quelqu'un ou seul. C'est beau une "vie ombragée", le point d'atmosphère est la pénombre. Certaines vies ont été entièrement placées sous le signe de la pénombre (Cavafis, la mienne peut-être, le mois d'Eloul, la Virgo). Shabatt et jour du Ramadan finissent quand la lumière du jour s'estompe dans la pénombre, le tragique grec et racinien ne connaissent pas de pénombres. La ligne d'ombre de The Shadow Line est un impalpable instant de pénombre, la maison japonaise traditionnelle sur laquelle Junichiro Tanizaki nous a éclairés est tout entière dans la pénombre, la poésie de Virgile (même l'épique) est une poésie de pénombre, et le passage des Étrusques sur la terre, et le théâtre de Tchekhov et... Sans pénombre, il n'y a pas de repos, qui est tout dans ce cercle, pas même l'écoute de la voix ou de la musique... Dans le pizzicato du violon et de la guitare on peut entendre la pénombre sangloter, sans désagrément, comme si elle parlait.

Guido Ceronetti  La patience du brûlé  Éditions Albin Michel, 1995  (Traduction : Diane Ménard)   






Images : en haut et en bas, Nicolas Droz  (Site Flickr

au centre, Site Flickr



2 commentaires:

  1. "Trois petites notes de musique
    Ont plié boutique
    Au creux du souvenir
    C'en est fini de leur tapage
    Elles tournent la page
    Et vont s'endormir..."

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  2. Très belle méditation qui nous revient du passé proche. Comme dans ces joutes du clair-obscur, les êtres, dans ce monde inhabitable, sont à percevoir dans cette pénombre miroitante, mouvance entre héroïsme et lâcheté, volonté et renoncement. C'est dans les chuchotis du cœur que la musique d'un être est à écouter (Merveilleuse partita de J.S.Bach). On ne peut jamais saisir l'Autre pas plus que le noir ou la lumière dans la pénombre. Quelque chose d'intermédiaire... Ne jamais renoncer à la douceur d'une rencontre malgré les failles. Solitude de la vie et de la littérature. Flux et reflux entre le noir et l'infini...
    "L'éloge de L'ombre" de Tanizaki mais aussi les toiles de Nakagami ou les encres de Victor Hugo. Tchekov, Nerval, Jaccottet...

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