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vendredi 18 mai 2012

Bleu






Les oiseaux de mer ne voient pas le bleu.
C'est le vers important que propose au passage
La prose, en page quatorze, d'un reportage
Du journal que j'appuie au pichet de vin bleu.

Aveugles à leur bleu la couleur de leur vie.

Je recevais, mêlée aux hors d'œuvre moyens
Cette bribe de vérité universelle
Dispensée au buffet de la gare d'Amiens
(Ou était-ce à la Brasserie universelle ?).

Marcel Thiry Songes et Spélonques, Gares et passages, 1973








Images : en haut,  Site Flickr

en bas, Sergio Sorgiovanni  (Site Flickr)


4 commentaires:

  1. Je note à nouveau : penser à dénicher un volume de Marcel Thiry...

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    1. Je vous recommande l'édition Seghers de 1975, un fort volume qui réunit presque tous les poèmes de Thiry, avec une remarquable introduction de Bernard Delvaille. On la trouve encore assez facilement sur les sites de vente de livres d'occasion. C'est une mine d'or dans laquelle on n'a jamais fini de puiser...

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  2. Cette rencontre d'une pure réflexion poétique dans le hasard d'une halte au buffet de la gare d'Amiens est bien dans la vérité des poètes-sourciers. Magnifique !

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  3. Je ne connaissais pas cette version ancienne de la Gare d'Amiens. Elle vient se superposer à celle toute récente dans mon souvenir, faite de tubulures et de plexiglas. Ma mémoire, elle, rajoute une troisième gare, plus forte que toutes les autres, indéracinable. Celle que j'ai toujours connue, fréquentée de longue date. Celle d'Auguste Perret. A force de m'y rendre, de la traverser, je ne la voyais plus. J'avais fini par refouler hors les murs de la Place Alphonse Fiquet la tristesse et la grisaille insistantes du lieu! Pourtant je sais qu'il était possible de rendre la gare à sa poésie. Merci au poète Marcel Thiry. Merci à Emmanuel et à Christiane.

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