dimanche 29 novembre 2009

Ulisse


Nella mia giovinezza ho navigato
lungo le coste dalmate. Isolotti
a fior d’onda emergevano, ove raro
un uccello sostava intento a prede,
coperti d’alghe, scivolosi, al sole
belli come smeraldi. Quando l’alta
marea e la notte li annullava, vele
sottovento sbandavano più al largo,
per fuggirne l’insidia. Oggi il mio regno
è quella terra di nessuno. Il porto
accende ad altri i suoi lumi; me al largo
sospinge ancora il non domato spirito,
e della vita il doloroso amore.

Umberto Saba Mediterranee

J'ai navigué dans ma jeunesse
Le long des côtes dalmates. Des îlots
Émergeaient à fleur d'eau, où parfois
S'arrêtait un oiseau guettant sa proie,
Couverts d'algues, glissants, beaux
Au soleil comme des émeraudes. Quand la marée
Haute et la nuit les annulaient, les voiles
Sous le vent dérivaient plus au large,
Pour en fuir l'embûche. Aujourd'hui mon royaume
Est cette terre de personne. Le port
Pour d'autres allume ses feux ; l'esprit
Indompté me pousse encore au large,
Et de la vie le douloureux amour.

Traduction : Philippe Renard (Anthologie bilingue de la poésie italienne, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1994)

Une présentation d'Umberto Saba (en italien)

L'Ulysse de Dante (Inferno, canto XXVI)

Contro Ulisse : demitizzare un modello negativo

Umberto Saba sur le site d'Angèle Paoli, Terres de femmes

On peut lire ici (en italien) un beau commentaire de cette poésie.

Image : Le Mépris, de Jean-Luc Godard

samedi 28 novembre 2009

Perugia, da Porta Sole




Ho rifiutato di fare un «pezzo» su Perugia. È la mia città, non la vedo da dieci anni, mi è troppo cara e troppo sconosciuta ormai. Direi allora tante cose imprecise o non più vere, parlerei di me più che di Perugia. E non vale l'asserzione di un mio amico perugino rivisto qui a Milano da poco. « Perugia non è cambiata. » Non mi fido di lui : dovrei cominciare col ricordare che i perugini sono troppo modesti nel parlare della loro città. Sono il contrario di tanti cittadini che tutti sanno. Io, da lontano, ho sempre pensato invece che a Perugia siano sorti grattacieli. Tanto più che non intralcerebbero nemmeno la vista dei bei panorami, la città essendo adagiata sul vertice di un monte, tutta in discesa.

(...)

Ma è doveroso parlare del «centro». Che del resto è splendido in Perugia. Per chi discende da Porta Sole (splendido panorama, un poco rozzo dunque stranamente contrastante con gli altri. E qui c'è Dante : « onde Perugia sente freddo e caldo / da Porta Sole ») e arriva al fianco del Duomo la strada è davvero bella. A sinistra del Duomo, sulla piazza la celebre fontana dei fratelli Pisano e di fronte il palazzo dei Priori. Se c'è la luna sarà facile ritrovarla sopra. In fondo in fondo s'indovina che il «corso» finirà su l'infinito. Se si percorre infatti completamente, si arriva ad un parapetto dal quale la vista è una delle più belle d'Italia. A sinistra Assisi incassata sul fianco del Subasio, e da tutte le parti la luminosa valle per cui conviene, questa volta, chiamare in aiuto il Carducci (« e il sol nel radiante azzurro immenso / Fin de gli Abruzzi al biancheggiar lontano / Folgora, e con desio d'amor più intenso / Ride a' monti de l'Umbria e al verde piano »). Se, invece, sempre al «corso», s'intacca il già nominato arco dei Priori allora è difficile non trovar lì il forte vento che ne è la prerogativa più illustre. Perugia, si può dire, non manca mai di vento, un po' come Genova o come Trieste, ma senza arrivare alle esagerazioni della «bora». Ma quasi una violenza simile si può ritrovare, talvolta, sotto quell'arco, tanto che la brava mamma avverte di «respirare a bocca chiusa» quando la stagione non è, d'altronde per nessuno, felice. Per il resto Perugia non può lagnarsi del suo clima : non conosce né nebbie né forti caldure.

Sandro Penna Un po' di febbre ed. Garzanti






J'ai refusé de faire un «morceau» sur Pérouse. C'est ma ville, je ne la vois pas depuis dix ans, elle m'est trop chère et trop inconnue désormais. Je dirais donc tant de choses imprécises ou qui ne sont plus vraies, je parlerais de moi plus que de Pérouse. Et l'assertion d'un de mes amis pérugins, que j'ai vu ici, à Milan, il y a quelque temps, n'est pas fondée : « Pérouse n'a pas changé ». Je ne me fie pas à cet ami : je devrais commencer par rappeler que les Pérugins sont trop modestes quand ils parlent de leur ville. Ils sont le contraire de tant de citadins bien connus de tous. Moi, depuis longtemps, j'ai toujours pensé, au contraire, qu'à Pérouse avaient surgi des gratte-ciel. D'autant plus que qu'ils ne gêneraient même pas la vue des beaux panoramas puisque la ville est située au sommet d'une colline, toute en pente.

(...)

Mais il faut absolument parler du «centre». Qui d'ailleurs est splendide à Pérouse. Pour quiconque descend de Porta Sole (panorama splendide, un peu rustre et donc contrastant étrangement avec les autres. Et il faut ici citer Dante : « d'où Pérouse ressent froid et chaleur / depuis Porta Sole ») et arrive au pied du Dôme, la route est vraiment belle. À gauche du Dôme, sur la place, la célèbre fontaine des frères Pisano, et en face le palais des Prieurs. Si la lune brille, il sera facile de la retrouver juste au-dessus. Et tout au fond, on devine que le «cours» se perdra dans l'infini. Si on le parcourt entièrement, on arrive à un parapet d'où la vue est une des plus belles d'Italie. À gauche, Assise, encaissée sur le flanc du Subasio, et de toutes parts, la vallée lumineuse pour laquelle il convient cette fois-ci d'en appeler à Carducci : (« et le soleil dans l'azur immense rayonnant / Des Abruzzes jusqu'aux blêmes lointains / Éblouit, et avec un désir amoureux plus intense / Sourit aux monts de l'Ombrie et à la verte plaine »). Si, en revanche, toujours sur le «cours», on attaque l'arc des Prieurs, déjà cité, il est difficile de n'y pas trouver le vent violent qui en est la prérogative la plus illustre. Pérouse, peut-on dire, ne manque jamais de vent, un peu comme Gênes ou Trieste, mais sans en arriver aux exagérations de la bora. On peut cependant retrouver parfois une pareille violence, sous cet arc, au point que la brave mère avertit de «respirer la bouche fermée» quand la saison n'est, pour personne d'ailleurs, heureuse. Pour le reste, Pérouse n'a pas à se plaindre de son climat : elle ne connaît ni brouillards ni fortes chaleurs.

(Un peu de fièvre, traduction : René de Ceccaty, collection Les Cahiers rouges, Grasset)

Source des images : Site Flickr (1) et (2)

vendredi 27 novembre 2009

Sono solo canzonette (8)

Domenico Modugno chante Amara terra mia (E. Bonaccorti - D. Modugno, 1974)





Sole alla valle, sole alla collina,
per le campagne non c'è più nessuno.
(Coro) Addio, addio amore, io vado via,
amara terra mia, amara e bella...

Cieli infiniti e volti come pietra,
mani incallite ormai senza speranza.
(Coro) Addio, addio amore, io vado via,
amara terra mia, amara e bella...

Tra gli uliveti e' nata gia' la luna,
un bimbo piange, allatta un seno magro.
(Coro) Addio, addio amore, io vado via,
amara terra mia, amara e bella...

(Soleil dans la vallée, soleil sur la colline,
les campagnes sont toutes désertes.
Adieu, mon amour, moi, je m'en vais
adieu, ma terre, amère et belle.

Ciels infinis et visages pétrifiés,
mains calleuses désormais sans espoir.
Adieu, mon amour, moi, je m'en vais,
adieu, ma terre, amère et belle.

Sur les oliviers brille déjà la lune,
un enfant pleure, il tête un sein maigre.
Adieu, mon amour, moi, je m'en vais
adieu, ma terre, amère et belle.)





Source de l'image : Site Flickr

Source de la vidéo : Site YouTube

lundi 23 novembre 2009

Sono solo canzonette (7)

Franco Battiato chante Inverno (Hiver), de Fabrizio de André :





Sale la nebbia sui prati bianchi
come un cipresso nei camposanti
un campanile che non sembra vero
segna il confine fra la terra e il cielo.

Ma tu che vai, ma tu rimani
vedrai la neve se ne andrà domani
rifioriranno le gioie passate
col vento caldo di un'altra estate.

Anche la luce sembra morire
nell'ombra incerta di un divenire
dove anche l'alba diventa sera
e i volti sembrano teschi di cera.

Ma tu che vai, ma tu rimani
anche la neve morirà domani
l'amore ancora ci passerà vicino
nella stagione del biancospino.

La terra stanca sotto la neve
dorme il silenzio di un sonno greve
l'inverno raccoglie la sua fatica
di mille secoli, da un'alba antica.

Ma tu che stai, perché rimani ?
Un altro inverno tornerà domani
cadrà altra neve a consolare i campi
cadrà altra neve sui camposanti.



Le brouillard s'étend sur les prairies blanches ,
comme un cyprès dans les cimetières,
un clocher presque irréel
marque la limite entre la terre et le ciel.

Mais toi qui vas, toi tu restes
tu verras que la neige s'en ira demain
et refleuriront les joies passées
avec le vent chaud d'un autre été.

Même la lumière semble mourir
dans l'ombre incertaine d'un devenir
où même l'aube devient le soir
et les visages semblent des crânes de cire.

Mais toi qui vas, toi tu restes
la neige aussi disparaîtra demain
l'amour encore passera près de nous
dans la saison de l'aubépine.

La terre lasse sous la neige
dort en silence d'un sommeil lourd
l'hiver recueille sa fatigue
de mille siècles, depuis une aube ancienne.

Mais toi qui restes, pourquoi demeures-tu ?
un autre hiver reviendra demain
la neige tombera encore pour consoler les champs
la neige tombera encore sur les cimetières.

Source de la vidéo : Site Flickr

dimanche 22 novembre 2009

Le esequie di Focione (D'après Poussin)


O tu che ai piedi del colle ragazzo dell'Appennino
deflori non deflorato castagne che nessuno vuole

sprigionando dall'ombra delle faville di rosa
che svelano un attimo il mio volto segregato

a quale festino di dei laziali o a quali esequie
di eroe a quali montagne d'ametista e fumi lontani

ti sottraesti per accuciarti qui dove il mio viaggio
ha una sosta il mio sudore un ristoro nell'aria della sera ?

Attilio Bertolucci Le poesie (Viaggio d'inverno), ed. Garzanti

(Source de l'image)

vendredi 20 novembre 2009

Ti prego, non indagare





Campagne e ville di Parma – giorno


Carrelate laterali (camera car) su ville, campagne, giardini, nei dintorni di Parma.


VOCE DI GINA. Prima di tutto perdonami e ti prego, non indagare... Sono così delicata che mi sentirei di colpo in prigione. Non capisco se in te c'è solo curiosità o qualcosa d'altro, qualcosa di più... ma mi sono accorta che tu ti sei accorto. La tua faccia si abbuia tutta insieme. La tua faccia si rischiara tutta insieme. C'è solo un rimedio alle mie pene: gli altri, le persone, tu... E c'è la medicina della noia che mi ha portato fin qui, dalla lontana città di Milano. Qui è in corsa parallela con le ville che si rincorrono. Le nuvole rincorrono altre nuvole e tu rincorri me che rincorro te... Mio nipotino parmigiano. Senza dirti niente ti ho detto tutto... Non indagare, non indagare, non indagare.



Campagnes et villas de Parme – jour


Suite de travellings latéraux (en voiture) sur des paysages des alentours de Parme : des arbres, des grilles...


VOIX DE GINA. Avant tout, pardonne-moi... et je t'en prie, ne cherche pas à comprendre. (Un champ) Je suis si fragile que je me sentirais tout de suite en prison. (Vers une villa) Je ne comprends pas s'il y a seulement de la curiosité en toi, ou quelque chose d'autre, de plus. (La même villa) Mais je me suis aperçue que tu t'en es aperçu. Ton visage s'obscurcit tout d'un coup. Ton visage s'éclaire tout d'un coup. (Des villas) Il n'y a qu'un remède à mes peines : les autres. (Des arbres) Les personnes, toi. Et il y a le remède de l'ennui, qui m'a amenée jusqu'ici, loin de Milan. Ici, en course parallèle, avec les villas qui se poursuivent. Les nuages poursuivent d'autres nuages. Et toi, (des cyprès) tu me poursuis, moi qui te poursuis. (D'autres arbres, d'autres villas.) Mon petit neveu de Parme. Sans rien te dire, je t'ai tout dit. Ne cherche pas à comprendre. Ne cherche pas à comprendre. Ne cherche pas à comprendre.

Extrait du découpage de Prima della Rivoluzione, de Bernardo Bertolucci.




Source de la vidéo : Site YouTube

Source des images : Site Meddle TV

vendredi 13 novembre 2009

Sono solo canzonette (6)

Mina chante La Canzone di Marinella, de Fabrizio de André (1968).





"Marinella è la storia vera di una puttana uccisa affogata in un fiume da un suo cliente. Nella mia canzone, purtroppo, non ho potuto migliorargli la vita, ma almeno ho potuto addolcirgli la morte." (Marinella raconte une histoire vraie, celle d'une putain tuée par l'un de ses clients qui l'a jetée dans un fleuve où elle s'est noyée. Avec ma chanson, je n'ai pas pu lui donner une vie meilleure, mais j'ai essayé au moins de lui rendre la mort plus douce.)



Questa di Marinella è la storia vera,
che scivolò nel fiume a primavera,
ma il vento che la vide così bella,
dal fiume la portò sopra una stella.

Sola senza il ricordo di un dolore,
vivevi senza il sogno di un amore,
ma un re senza corona e senza scorta,
bussò tre volte un giorno alla tua porta.

Bianco come la luna il suo cappello,
come l'amore rosso il suo mantello,
tu lo seguisti senza una ragione,
come un ragazzo segue un aquilone.

E c'era il sole e avevi gli occhi belli,
lui ti baciò le labbra ed i capelli,
c'era la luna e avevi gli occhi stanchi,
lui pose le sue mani suoi tuoi fianchi.

Furono baci e furono sorrisi,
poi furono soltanto i fiordalisi,
che videro con gli occhi delle stelle,
fremere al vento e ai baci la tua pelle.

Dicono poi che mentre ritornavi,
nel fiume chissà come scivolavi,
e lui che non ti volle creder morta,
bussò cent'anni ancora alla tua porta.

Questa è la tua canzone Marinella,
che sei volata in cielo su una stella,
e come tutte le più belle cose,
vivesti solo un giorno, come le rose.

E come tutte le più belle cose,
vivesti solo un giorno, come le rose.

(Voilà l'histoire vraie de Marinella
qui glissa dans le fleuve un jour de printemps,
mais le vent qui la trouva si belle,
depuis le fleuve la conduisit sur une étoile.

Seule, sans souvenir d'aucune douleur,
tu vivais sans aucun rêve d'amour,
mais un roi sans couronne et sans escorte,
vint un jour frapper trois fois à ta porte.

Son chapeau était blanc comme la lune,
et son manteau rouge comme l'amour,
tu le suivis sans aucune raison,
comme un enfant suit un cerf-volant.

Il y avait du soleil et tes yeux étaient beaux,
il a embrassé tes lèvres et tes cheveux,
la lune brillait et tes yeux étaient las,
il a posé ses mains sur tes hanches.

Il y eut des baisers et des sourires,
puis ce furent seulement les fleurs de lys,
qui virent, avec les yeux des étoiles,
ta peau frémir sous le vent et les baisers.

On a dit ensuite que pendant que tu rentrais,
dans le fleuve, qui sait comment, tu as glissé,
et lui qui ne voulus pas te croire morte,
cent ans encore vint frapper à ta porte.

Voilà, c'est la chanson de Marinella,
qui est montée au ciel sur une étoile,
et qui, comme toutes les plus belles choses,
n'a vécu qu'un seul jour, comme les roses.

Source de la video : Site YouTube

Il Sopramonte si annera



Dans Tutto il miele è finito (Tout le miel est fini), Carlo Levi raconte le voyage qu'il a fait en Sardaigne en 1952. Dans le passage que l'on va lire, il se trouve à Orgosolo, tandis que l'on annonce la mort d'un carabinier tué dans une embuscade. Le village est aussitôt mis en état de siège et les carabiniers affluent de toute part pour traquer les coupables.

Viene la notte : ma il cielo ha ancora un chiarore colorato, una lunga, persistente luce livida che tinge le distanze, e le chiude in mura d'aria che pare isolino dal mondo circostante il paese assediato : una patetica siepe di vapori che lo dividono dall'infinito supposto al di là. Mi fermo, appoggiato al muretto della strada in cima al paese, per un momento, a contemplare le distese delle terre, da ogni parte. Nuvole di minuto in minuto più fosche corrono per il cielo, e fanno grigi i pascoli delle valli nel giro dei colli e delle montagne, le vastità di un paese desolato e solitario dove dappertutto uomini ignoti possono essere nascosti, e condurre la loro vita remota, quella del pastore solu che fera, solo come una fiera, o quella del bandito, in cui pare si realizzi, oggi, in un individuale destino, una legge antica di millenni, di fronte a un mondo incomprensibile. Il Sopramonte si annera : le rocce biancheggiano di quel chiarore notturno che è come l'ombra trasparente della luna. Ma, dove il monte finisce, e la vista spiazzerebbe verso aperte terre lontane, come un sipario d'aria verde si frappone allo sguardo : di un verde trasparente e impenetrabile, colore dell'acqua e della tempesta, e una nuvola bianca, portata dal vento, lo percorre, e si stinge e si imbruna quando raggiunge le alture e si fonde con le ombre delle rocce.

Fermo in questo incanto rimango a guardare quel mondo serrato nei suoi confini d'aria e di granito, nel suo eterno isolamento. Nessun rumore vicino o lontano giunge dal paese o della campagna. Tutto sembra celato in quel silenzio, immaginario, furtivo, incerto, geloso : l'ombra crescente avvolge le querce, le macchie, gli albori lontani (pecore, forse, raccolte nel timore o nel sonno, o pietre?), le grotte, i segreti, selvatici cuori solitari. Soltanto, a tratti, un rumore di motori della polizia rompe, estraneo, quel silenzio, e il passo dei soldati che camminano in fila, rasente i muri, con le arme spianate.

Carlo Levi Tutto il miele è finito, ed. Einaudi

La nuit tombe, mais le ciel a encore une clarté colorée, une longue et persistante lumière blafarde qui déteint sur le paysage, et l'enferme dans des murs d'air qui semblent isoler de tout ce qui l'entoure le village assiégé, comme une pathétique haie de vapeurs qui le séparent de l'infini que l'on devine au-delà. Je m'arrête un moment, appuyé au muret de la route qui se trouve au bout du village, pour contempler les terres qui s'étendent de toute part. Des nuages toujours plus sombres parcourent le ciel, et teignent de gris les pâturages dans les vallées, autour des coteaux et des montagnes, étendues d'un village solitaire et désolé où partout des hommes inconnus peuvent être cachés, menant une vie reculée, celle du berger seul comme un fauve, ou celle du bandit, dans laquelle semble s'incarner aujourd'hui, dans un destin individuel, une loi vieille de milliers d'années, face à un monde incompréhensible. Le Sopramonte s'assombrit : les rochers brillent de cette clarté nocturne qui est comme l'ombre transparente de la lune. Mais, là où le mont prend fin, et où la vue pourrait s'ouvrir au loin vers l'étendue des terres lointaines, le regard bute contre un rideau d'air d'un vert transparent et impénétrable, couleur d'eau et de tempête, et un nuage blanc, porté par le vent, le traverse et s'assombrit quand il parvient sur les hauteurs, où il va se fondre dans les ombres des rochers.

Immobile dans cet enchantement, je contemple ce monde enfermé dans ses frontières d'air et de granit, dans son éternel isolement. Aucun bruit, proche ou lointain, ne monte du village ou de la campagne. Tout semble caché dans ce silence, imaginaire, furtif, incertain, jaloux. L'ombre qui monte gagne les chênes, le maquis, les blancheurs lointaines (ce sont peut-être des brebis, rassemblées dans la crainte ou le sommeil, ou des rochers ?), les grottes, les secrets, sauvages cœurs solitaires. Parfois, de temps en temps, le bruit du moteur d'une voiture de police brise ce silence, ou le pas des soldats qui marchent en rang, rasant les murs, avec leurs armes braquées.

(Traduction personnelle)


Hotel Supramonte, une chanson de Fabrizio de André (avec une traduction française).


Un site en français sur Carlo Levi.

Source de l'image : Site Flickr.

vendredi 6 novembre 2009

Sono solo canzonette (5)

Mina chante L'Immensità ( 1967, D. Backy - Mogol - Mariano) :





Io son sicura che, per ogni goccia
per ogni goccia che cadrà
un nuovo fiore nascerà
e su quel fiore una farfalla volerà

Io son sicura che
in questa grande immensità
qualcuno pensa un poco a me
e non mi scorderà

Sì, io lo so,
tutta la vita sempre sola non sarò
un giorno troverò
un po' d'amore anche per me
per me che sono nullità
nell'immensità...

(Oui, je le sais,
je ne serai pas seule toute ma vie,
un jour je trouverai
un peu d'amour

aussi pour moi,
pour moi qui ne suis que néant

dans l'infini...)

Une autre version, toujours par Mina.

Une magnifique exégèse du texte de la chanson...

Source de la video : Site YouTube.

lundi 2 novembre 2009

Un poeta della sventura



"È bellissimo tornare a Milano, di notte. Si potrebbe lasciarla per sempre solo per andare in Paradiso."

Alda Merini (21 marzo 1931 - primo novembre 2009)


La mia poesia è alacre come il fuoco,
trascorre tra le mie dita come un rosario.
Non prego perché sono un poeta della sventura
che tace, a volte, le doglie di un parto dentro le ore,
sono il poeta che grida e che gioca con le sue grida,
sono il poeta che canta e che non trova parole,
sono la paglia arida sopra cui batte il suono,
sono la ninnanànna che fa piangere i figli,
sono la vanagloria che si lascia cadere,
il manto di metallo di una lunga preghiera
del passato cordoglio che non vede la luce.

Alda Merini La volpe e il sipario (1997)

Ma poésie est ardente comme le feu,
elle glisse entre mes doigts comme un rosaire.
Je ne prie pas parce que je suis un poète du malheur
qui tait, parfois, les douleurs d'une naissance d'entre les heures,
je suis le poète qui crie et qui joue avec ses cris,
je suis le poète qui chante sans trouver les paroles,
je suis la paille aride sur laquelle vient battre le son,
je suis la berceuse qui fait pleurer les enfants,
je suis la gloire vaine qui se laisse choir,
le manteau de métal d'une longue prière
du deuil passé à jamais sans lumière.

(Traduction personnelle)


Non ho bisogno di denaro.
Ho bisogno di sentimenti,
di parole, di parole scelte sapientemente,
di fiori detti pensieri,
di rose dette presenze,
di sogni che abitino gli alberi,
di canzoni che facciano danzare le statue,
di stelle che mormorino all’orecchio degli amanti.
Ho bisogno di poesia,
questa magia che brucia la pesantezza delle parole,
che risveglia le emozioni e dà colori nuovi.

Alda Merini

Je n'ai pas besoin d'argent.
J'ai besoin de sentiments,
de mots, de mots choisis avec soin,
de fleurs comme des pensées,
de roses comme des présences,
de rêves perchés dans les arbres,
de chansons qui fassent danser les statues,
d'étoiles qui murmurent à l'oreille des amants.
J'ai besoin de poésie,
cette magie qui allège le poids des mots,
qui réveille les émotions et donne des couleurs nouvelles.

(Traduction personnelle)


Veleggio come un'ombra
nel sonno del giorno
e senza sapere
mi riconosco come tanti
schierata su un altare
per essere mangiata da chissà chi.
Io penso che l'inferno
sia illuminato di queste stesse
strane lampadine.
Vogliono cibarsi della mia pena
perché la loro forse
non s'addormenta mai.

Alda Merini

Je plane comme une ombre
dans le sommeil du jour
et sans le savoir
je me vois comme tant d'autres
alignée sur un autel
prête à être dévorée par qui sait qui.
Je pense que l'enfer est éclairé par ces mêmes
étranges lumières.
Ils veulent se repaître de ma peine
parce que la leur peut-être
ne s'apaise jamais.

(Traduction personnelle)

Sono nata il ventuno a primavera
ma non sapevo che nascere folle,
aprire le zolle
potesse scatenar tempesta.
Cosi Proserpina lieve
vede piovere sulle erbe,
sui grossi frumenti gentili
e piange sempre la sera.
Forse è la sua preghiera.

Alda Merini Vuoto d'amore

Je suis née le vingt-et-un au printemps
mais j'ignorais que naître folle
et retourner la terre,
cela pouvait déchaîner la tempête.
Ainsi la légère Proserpine
voit la pluie tomber sur les herbes,
sur les grands blés tendres
et pleure tous les soirs.
Peut-être est-ce sa prière.

(Traduction personnelle)

Gli occhi di Milva

Non occorre
che io mi sieda sul letto
a rivedere i sogni perduti.
Basta guardare gli occhi di Milva
e vedo la mia felicità.
Coloro che pensano
che la poesia sia disperazione
non sanno che la poesia
è una donna superba,
e ha la chioma rossa.
Io ho ammazzato tutti i miei amanti,
perché volevano vedermi piangere
e io ero soltanto felice.

Alda Merini

Les yeux de Milva

Il n'est pas nécessaire
que je m'assoie sur le lit
pour revoir les songes perdus.
Il me suffit de regarder les yeux de Milva
pour voir mon bonheur.
Ceux qui pensent
que la poésie est le désespoir
ignorent que la poésie
est une femme superbe
à la chevelure rousse.
Moi, j'ai tué tous mes amants,
parce qu'ils voulaient me voir pleurer
alors que j'étais simplement heureuse.

(Traduction personnelle)

Il Naviglio mi vuole anche di notte

come lucciola appesa sui piloni,
vuole che canti le latrine e i bar fumosi
dei miei ponti e io, malgrado tutto,
canto un poeta che è risorto
dalle ceneri inermi di un peccato :
non dimentico mai questo dolore
di essere sgradita alla mia gente.

Alda Merini La Vita Felice (Ipotenusa d'amore)


Milva e Alda Merini cantano Johnny Guitar :



Suona per me,
solo per me,
my Johnny.

So che il tuo cuor
non vuol parlar
d'amor.

Sono folle
di te
oh my Johnny.

Sol per te
vivrò,
Johnny Guitar.

Suona per me
Johnny Guitar.

Ovunque andrai
io ti dirò
che t'amo.

E già lo so,
non ti potrò
scordar.







dimanche 1 novembre 2009

Infine, scendiamo verso il mare



Infine, scendiamo verso il mare.

In Sardegna si sente sempre, a cento e cento chilometri dalle coste, che splende nell'aria da ogni lato. È una vera isola, Sardegna, dentro il suo splendore e le sue tempeste. E di qualcosa di salmastro odora anche su a mille metri. Ma qui in special modo.

La terra è saccheggiata dal maestrale. Che non soffia, intanto. Lunghe terre oscure appaiono sospese nell'aria, dove la pianura scoscende. Là è il mare ; quell'aria. Disabitato come la luce del Primo Giorno. Ma gli alberi sono piegati dal maestrale e hanno il fogliame arrovesciato, come chiome da pettinare. Anche i cespugli. Tutta la pianura arrovesciata. Si direbbe che il vento s'è arrestato ora di colpo. E le case di Castelsardo, sul pollaio della rocca, al sole, sono accovacciate anch'esse per la trascorsa furia.

La macchina piglia la rincorsa verso lassù.

Poi ci si trova in una specie di cortile ch'è la piazza del paese. Mura di bastioni, intorno, in cima ai quali passeggia una sentinella. C'è un fico in un angolo, e sotto al fico sgocciola una fontana.

Calma gente è in fila, lungo un parapetto, e parte guarda dentro il mare, parte a cavalcioni del muro ci osserva, non per qualche curiosità, ma perché, oltre i ciottoli del selciato, e il fico, e la fontana, ci siamo anche noi, oramai, nella piazza. Se ci fermassimo, a pranzo, o a passare la notte, diverremmo oggetto d'ospitalità. Così invece, scesi appena a dare uno sguardo e ripartire, non ci degnano d'una parola. Troppo giusto.

Ma su per le gradinate dei vicoli, ci sono donne che cantano, dondolando il capo, e, appena passiamo, balzano in piedi e fuggono verso le case, con risa sommesse come di scolarette sorprese fuori dai posti a far baccano. In mano hanno certi gingilli a cui lavorano ; cestini, fatti di foglie di palmizio, a disegni di nero sul bianco, e con essi, per ridere più libere, si coprono il volto.

Elio Vittorini Sardegna come un'infanzia, ed. Bompiani

Donne sarde :

Signora di Sadali

Tzia Raffiella Monni ("Il più ricco che c'era ai miei tempi è come la persona più povera che c'è oggi. Vedi com'è strana la vita ! Mah !?")

Source de l'image : Site Flickr.