mardi 26 octobre 2010

Teaser (2)


On voit assez longuement [le mont Kråkmo] de la grand-route qui, de Trondheim, en neuf cents kilomètres, franchissant le Cercle polaire, mène à Narvik par Hell, Steinkjer, Mosjøen, et Mo i Rana. [Il] se dresse à droite de la chaussée, de l’autre côté d’un torrent : pentes obliques et boisées, d’abord, puis, comme une colonne ovale jaillissant de ce socle, paroi verticale de pure roche blanche ou grise, selon les heures, dressée vers un haut sommet qu’on imagine de forme ovale, lui aussi, peut-être une prairie lisse, mais de plan incliné, si incliné qu’à l’arrière, peut-être, il rejoint les versants boisés sans que s’interpose entre eux et lui la falaise formidable; et peut-être un bon marcheur, qui sait, quand bien même il ne serait pas alpiniste, pourrait accéder par ce biais à ces hauteurs qu’on veut croire paradisiaques, au moins durant la courte belle saison.





Le mont Kråkmo (Kråkmotinden) a quelque chose de curieusement Art déco dans l’audacieuse originalité et la simplicité de ses formes, accentuées qu’elles sont par le caractère exclusivement minéral de sa paroi principale, qu’on croirait taillée dans un seul bloc de pierre aux reflets d’acier. Mais jamais Art déco, si pur soit-il, n’a atteint à si grandiose effet. On touche en ses parages à quelque chose de sacré, où l’éloignement entre pour autant, sans doute, que la splendeur. L’âme, d’être ainsi loin de tout, pénétrée de la conscience de la longueur inexorable des chemins, tout autour d’elle, s’emplit d’un sentiment d’énormité de l’instant qui la mène à une exaltation sans nom, presque douloureuse, quand elle est confrontée en ces solitudes à pareils chefs-d’œuvre de la nature.

Renaud Camus Demeures de l'esprit, Danemark Norvège éditions Fayard, 2010




Kråkmo Journal 2009, de Renaud Camus, paraît le 24 novembre 2010 aux éditions Fayard.












Images
: en haut, Ifor Powell (Site Picasa Albums Web)

en bas, Renaud Camus (Site Flickr)

lundi 18 octobre 2010

Un talisman leopardien






Sempre caro mi fu...

Un des plus beaux, et le plus connu de ces talismans leopardiens, Mario Puccini nous l’a récité admirablement, tandis que nous étions assis au sommet du mont Thabor à présent officiellement nommé «la colline de l’infini» en souvenir du poète. (Car à présent, Recanati est Città-Leopardi comme Stratford-sur-Avon est Shakespeare-Town, et pour un peu on dirait Recanati-Leopardi comme Ferney-Voltaire. Quelle revanche, n’est-ce pas ? Voir le marbre honorer partout, dans cette ville, le gamin que les autres gamins du pays poursuivaient en criant au bossu ! Et il ne reste plus la moindre place pour un buste du distingué archiviste et historien local, comte Monaldo Leopardi...) C’est l’Infinito que Mario Puccini nous a récité au lieu même où il a été médité et qu’il décrit. La haie, derrière laquelle le poète, assis, contemplait l’horizon et ces arrière-plans d’une profondeur extraordinaire, n’existe plus. C’est probablement à sa place que s’élève le mur auquel nous nous adossons. Mais le paysage est le même. Un à un défilent ces quinze vers que chaque Italien sait par cœur, et on voit peu à peu s’approfondir la réalité immédiate, et les cloisons de l’apparence tomber l’une après l’autre devant le vol de l’esprit porté sur les ailes du rythme, et le temps et l’espace s’abolir. Elle s’écoule comme un fleuve rapide et que le néant saisit à mesure, cette nature qui procede / per si lungo cammino / Che sembra star... (La Ginestra) et les périodes géologiques, et la mort des mondes, se dissipent devant la pensée planante, comme les monts devant la face du Seigneur. Jusqu’à ce que cette pensée s’abîme à son tour dans le silence intemporel de l’éternité.

Valery Larbaud  Jaune, Bleu, Blanc éditions Gallimard, 1927





Images
: grazie a Andrea Plutino (Site Flickr)

dimanche 17 octobre 2010

samedi 16 octobre 2010

La Zolfara


 


"Grande, placida, come in un fresco luminoso oceano di silenzio, gli stava di faccia la Luna."

Luigi Pirandello Ciaulà scopre la luna

 






Ornella Vanoni chante La Zolfara (1959, Michele Straniero - Fausto Amodei) :



Otto sono i minatori
ammazzati a Gessolungo ;
ora piangono i signori
e gli portano dei fiori.
Hanno fatto in Paradiso
un corteo lungo lungo ;
da quel trono dov'è assiso
Gesù Cristo gli ha sorriso.

Sparala prima la mina, mezz'ora si guadagna ;
me ne infischio se rischio che di sangue poi si bagna :
tu prepara la bara, minatore di zolfara

Hanno fatto un gran corteo
con i quattro evangelisti,
tutti quanti li hanno visti,
con san Marco e san Matteo,
con san Luca e san Giovanni
e i compagni che da prima,
lavorando nella mina,
sono morti in questi anni.

Sparala prima la mina, mezz'ora si guadagna;
me ne infischio se rischio che di sangue poi si bagna:
tu prepara la bara, minatore di zolfara

Dopo la dimostrazione
Gesù Cristo li ha chiamati,
con la sua benedizione
lì ha raccolti fra i beati.
Poi, levando poco poco
la sua mano giustiziera,
con un fulmine di fuoco
ha distrutto la miniera.




La mine de soufre


Huit mineurs sont morts

tués à Gessolungo ;
maintenant on les pleure
et on leur porte des fleurs.
Au Paradis, on leur a fait un long cortège ;
depuis le trône où il est assis,
Jésus-Christ leur a souri.

Refrain :
Vas-y à la dynamite, on gagnera du temps ;
et peu importe si ça se termine dans un bain de sang :
le cercueil du mineur est toujours prêt.

Ils ont formé un grand cortège

avec les quatre évangélistes,
tout le monde les a vus,
il y avait saint Marc et saint Matthieu,
avec saint Luc et saint Jean,
et tous leurs compagnons qui, avant eux,
étaient morts dans la mine.

(Refrain)

Après la procession,
Jésus-Christ les a appelés,
et en les bénissant,
il les a placés parmi les bienheureux.
Et puis, levant doucement
sa main de justicier ;
en un éclair de feu,
il a détruit la mine.


(Traduction personnelle)
 


Image : (au centre) Renato Guttuso Testa di zolfataro, 1953


On peut voir ici un très beau documentaire de Vittorio De Seta sur le travail dans les mines de soufre en Sicile : Surfarara (1954).

lundi 11 octobre 2010

Vien, diletto...



Joan Sutherland "La Stupenda" (7 novembre 1926 - 11 octobre 2010)



Vien, diletto, è in ciel la luna !
Tutto tace intorno, intorno;
Finchè spunti in ciel il giorno,
Ah, vien, ti posa sul mio cor !
Deh! t'affretta, o Arturo mio,
Riedi, o caro, alla tua Elvira;
Essa piange e ti sospira,
Vien, o caro, all'amore.

Vincenzo Bellini I Puritani





Image : Andrea et Giacomo Calcagno (Site Flickr)

Source de la vidéo : Site YouTube

Enregistrement Decca de 1973 (L.S.O. direction : Richard Bonynge)








(...)

Sono solo canzonette (15)




Gino Paoli chante Sassi (Cailloux) (1960) (paroles et musique : Gino Paoli) :





Sassi che il mare ha consumato,
sono le mie parole
d'amore per te.

Io non ti ho saputo amare,
non ti ho saputo dare
quel che volevi da me.

Ogni parola che ci diciamo
è stata detta mille volte,
ogni attimo che noi viviamo
è stato vissuto mille volte.

Sassi che il mare ha consumato,
sono le mie parole
d'amore per te.

Des galets que la mer a usés,
ce sont mes mots d'amour

pour toi.


Je n'ai pas su t'aimer,

je n'ai pas su te donner

ce que tu attendais de moi.


Chaque parole que nous disons

a déjà mille fois été dite,

chaque instant que nous vivons

a déjà été mille fois vécu.


Des galets que la mer a usés,

ce sont mes mots d'amour

pour toi.


Image : Uomodelmare (Site Flickr)

dimanche 10 octobre 2010

L'Échelle de soie


« C'est bien à tort au fond qu'on a catalogué Jean-Louis Curtis comme réactionnaire, c'est juste un bon auteur un peu triste, persuadé que l'humanité ne peut guère changer, dans un sens comme dans l'autre. Un amoureux de l'Italie, pleinement conscient de la cruauté du regard latin sur le monde.
»

Michel Houellebecq La carte et le territoire Flammarion, 2010




Anne avait achevé son récit. Nous redescendîmes vers la ville que dorait à cette heure la lumière la plus opulente et la plus limpide, pareille à celle qui baigne au crépuscule les palais marins de Claude Gellée. Le site déployé sous nos yeux jusqu’aux montagnes du Latium, les marbres, les frondaisons, la haute flamme noire des cyprès veillant sur des mausolées millénaires, et le rivage antique saturé d’une odeur d’espace et de sel, qu’Anne avait évoqué cet après-midi sur la colline romaine, confondaient leurs prestiges, suscitaient l’Arcadie dont j’avais aimé le rappel nostalgique dans certains tableaux d’autrefois, ou dans une imagerie populaire et méprisée. Insérant dans un cadre imaginaire où elle prenait pour moi toute sa signification l’anecdote que je venais d’entendre, je songeais à des ombres illustres d’un autre siècle, à ceux qui, tels ces deux jeunes poètes émergeant des brumes de Thulé au ciel méditerranéen, avaient abordé ici en quête du bonheur et confronté avec les contours de leur patrie idéale, la campagne, les monts et les tombeaux de cette terre latine d’où ne s’est pas effacé tout à fait la trace de divinités heureuses.

(...)

Nous passâmes devant la Fontaine de Trevi, l’«Aqua vergine» avec son Neptune baroque et ruisselant et le cortège de tritons joufflus. Le soir, des projecteurs changent en décor pour opéra de Lulli ce monument d’une extravagance superbe. Comme d’autres étrangers, j’avais jeté une pièce dans le bassin, furtivement, par crainte des sourires ; c’était, du reste, moins superstition que gratitude pour la ville – ou ses habitants : les petits Romains vont repêcher l’argent des touristes. Puis nous allâmes nous asseoir sur l’escalier de la Trinité des Monts, où nous nous étions retrouvés huit jours plus tôt. Une plaque commémorative, fleurie d’un bouquet de roses, rappelait qu’un autre poète de Thulé, plus jeune encore, était venu chercher dans cette ville la chaleur du soleil et la beauté qui donne une immortelle joie ; et il s’y était endormi, comme l’Endymion qu’il avait célébré, dans la grâce d’une jeunesse désormais immortelle.

Et c’étaient la jeunesse et la grâce qui brillaient ici chaque soir, échelonnés comme les allégories d’une «gloire» sur ce grand reposoir empourpré de rayons crépusculaires. Les étalages des fleuristes au pied de l’escalier, la «barcaccia» murmurante, les cris aigus des gamins, le pépiement des oiseaux répercuté d’un palais à l’autre, les dômes au lointain s’élevant dans le ciel léger, tout composait un bonheur irrésistible dont je n’était pas encore dépris.

Jean-Louis Curtis L'Échelle de soie éditions Julliard, 1956


Image : Claude Gellée, dit Le Lorrain, La Campagne romaine vue de Tivoli (1644-1646)


samedi 9 octobre 2010

L'éphèbe de Subiaco


– C’est la première fois que vous venez dans un musée ? demanda-t-elle, un peu machinalement, un peu par curiosité.
– Oui. Je suis venu voir quelqu’un de mon pays.
– Quelqu’un de votre pays... Il est gardien, peut-être ?
– Non, c’est une statue.
Et comme elle avait l’air perplexe, il enchaîna :
– On m’a dit qu’il y avait dans ce musée un gars de Subiaco. Et comme c’est près de la gare...
– Un gars de Subiaco ?
– Notre curé m’a dit qu’on l’appelait Efebo, je crois...
– Mais je le connais ! s’écria-t-elle avec amusement.
– Oui ? Où est-il ?
– Dans une autre salle. Venez.
Ils passèrent dans l’autre salle.
Le voilà, dit-elle, désignant un athlète au genou ployé. Cette statue de marbre.
– On ne peut pas savoir qui c’est, dit-il, déçu. Il n’a pas de tête.
Minna se mit à rire.
– Non, il l’a perdue depuis longtemps. Mais, vous savez, vous ne l’auriez pas reconnu, de toute façon : on l’a trouvé à Subiaco. Ça ne veut pas dire qu’il est de Subiaco. Le garçon paraissait de plus en plus déçu.
– «Efebo», ça veut dire quoi, au juste ?
– Un garçon. C’est le mot grec pour garçon. Vous êtes un éphèbe de Subiaco. Un vrai.
– Moi, j’ai une tête, dit-il en se frappant le front avec le poing. Ce n’est pas du marbre. C’est du bois.
Il examinait la statue sous tous les angles.
– Elle est ancienne ? demanda-t-il.
– Très ancienne. Deux mille ans, ou plus.
– Et ce n’est pas le portrait d’un gars de mon pays ?
– Peut-être, après tout, puisque c’est là qu’on l’a trouvée. Mais les savants disent que c’est une copie romaine d’une œuvre grecque. Alors...
Il hocha la tête, plein de considération pour la science des savants et celle de Minna.
– Capito, dit-il. Eh bien, le curé a mal expliqué les choses. Ou c’est moi qui n’ai pas compris.
Il avait l’accent épais de la campagne romaine. Ses mains aussi trahissaient sa condition de paysan ; mais l’accoutrement était plutôt celui d’un vagabond. Bien qu’il fît assez froid, il ne portait ni cravate ni écharpe. Il était chaussé de souliers informes, qui n’avaient pas dû être cirés depuis longtemps. En contraste avec cette apparence misérable, il était beau, d’une beauté qui tenait surtout à l’architecture du visage, et qui était aussi terrienne que sa voix. Ce garçon qui venait d’une bourgade du Latium, il semblait à Minna qu’il remontait du fond des âges. On n’aurait pas été surpris de le voir en effigie de mosaïques sur le pavement d’une villa romaine. Elle apprécia d’abord en lui, comme une vertu poétique, cette appartenance évidente à une terre, un pays, une race. Elle fut sensible aussi à l’affleurement permanent du sourire dans les yeux et autour de la bouche, comme s’il y avait eu chez ce paria une source intarissable de bonne humeur, de joie de vivre.

Jean-Louis Curtis L'éphèbe de Subiaco (in Le Thé sous les cyprès éditions Julliard, 1969)

vendredi 8 octobre 2010

Sempre (Toujours)


Gabriella Ferri est née en 1942 à Rome, dans le quartier populaire du Testaccio. Actrice et chanteuse, elle a organisé principalement son répertoire autour des chansons populaires romaines et des stornelli en romanesco, dont elle fut une magnifique interprète. Sempre (texte de Mario Castellacci, musique de Franco Pisano), l'un de ses plus grands succès, exprime bien cette mélancolie et ce fatalisme qui ont marqué ses chansons et sa vie. Les dernières années de l'existence de Gabriella Ferri ont été particulièrement tristes ; une grave dépression l'a progressivement éloignée des scènes et elle est morte en avril 2004, des suites d'une chute depuis le balcon de sa maison de Corchiano, tout près de Viterbe. Sa famille assure qu'il s'est agi d'un malheureux accident...





Sempre

Ognuno è un cantastoria
tante facce nella memoria
tanto di tutto tanto di niente
le parole di tanta gente.
Tanto buio tanto colore
tanta noia tanto amore
tante sciocchezze tante passioni
tanto silenzio tante canzoni.

Anche tu così presente
così solo nella mia mente
tu che sempre mi amerai
tu che giuri e giuro anch'io
anche tu amore mio
così certo e così bello.

Anche tu diventerai
come un vecchio ritornello
che nessuno canta più
come un vecchio ritornello...


Toujours

Tout le monde raconte des histoires
avec tant de visages dans la mémoire
beaucoup de tout, beaucoup de rien
les paroles de tant de gens.
Du noir et des couleurs
de l'ennui et de l'amour
des bêtises et des passions
du silence et des chansons.

Toi aussi, toujours présent
et si seul dans ma mémoire
toi qui m'aimeras toujours
tu le jures comme je l'ai juré
toi aussi mon amour
si sûr et si beau.

Toi aussi tu deviendras
comme ce très ancien refrain
que plus personne ne chante...


On peut voir ici un très bon documentaire (en italien) d'une heure sur la carrière de Gabriella Ferri : il faut cliquer juste au-dessous de l'indication "Video"
.

Image : Site Flickr

Source de la vidéo : Site YouTube

samedi 2 octobre 2010

L'Épuisant Désir de ces choses




Il y a des hommes qui ne peuvent pas lire, dans Mandelstam, dans Larbaud, dans Ella Maillart, le récit d’un pique-nique dans une île, sur le lac de Sevan ou sur le lac de Van, par un dimanche prolétaire d’avant-guerre, la chronique d’un envol de corbeaux, sous la falaise de Bayezid, ou la simple évocation distraite d’une attente, à la gare de Métaponte, entre Tarente et Matera, sans qu’aussitôt la folie ne leur tape sur l’épaule, en soulevant son masque, toute prête à les happer.
Pour d’autres, ou les mêmes, certaines pages de certains Guides bleus font une lecture trop forte, certains soirs. Et le sommeil leur est ravi pour des heures, ou bien pour des années, à la seule description trop précise de Trézène, et du rocher où Phèdre s’asseyait, près de la ferme Kokkinia ; c’est de là qu’elle suivait du regard, vous explique-t-on doucement, sans songer au mal qu’on vous fait, les exercices équestres d’Hippolyte. Prendre un sentier à droite, non fléché, trois cents mètres environ après le gué sur le Gyphyracon : en vingt ou vingt-cinq minutes (ascension assez pénible), il vous mènera aux restes insignifiants du sanctuaire.
A ceux-là les atlas sont un gouffre, un abîme : innocemment ouverts sur une petite table pliante, dans une embrasure, ils les attirent parmi leurs spirales, et ils les perdent : ah ! de songer qu’on pourrait marcher maintenant, maintenant, au lieu de... sur la presqu’île de Manguychlak, et regarder les îles Tioulen...
Ça n’a pas d’intérêt ? Vous dites que c’est aussi vilain que possible, les îles Tioulen ? D’abord je n’en crois rien. Mais quand bien même... Justement, au contraire : raison de plus ! Est-ce que ce n’est pas dans des endroits pareils que nos chances sont les meilleures de prendre le réel sur le fait, pour changer, et le visible à ses pièges ? Ils ne nous attendent pas au pied du Taj Mahal, certainement, assis sur le bord d’un bassin ! Tandis que chez les Ingouches, qui sait, dans l’oblast d’Orël, ou le gouvernement de Toula...

Renaud Camus L'Épuisant Désir de ces choses, éditions P.O.L, 1995






Images : en haut, Xavier Varela (Site Flickr)

en bas, Ercan Baysal  (Site Flickr)