samedi 31 juillet 2010

Suso

Aria siciliana


Giuni Russo et Franco Battiato chantent Strade parallele (Aria siciliana), de Giuni Russo et Maria Antonietta Sisini :

Dumínica jurnata di sciroccu
fora nan si pò stari
pi ffari un pocu ‘i friscu
mettu a finestṛa à vaneḍḍuzza
e mi vaju a ripusari.

A stissa aria ca sò putenza stṛogghi u mò pinzeri,
U cori vola s’all’umbra pigghi forma e ti prisenti
nan pozzu ripusari.

U suli ora tṛasi dintṛ’u mari
e fannu l’amuri
‘un c’è cosa cchiù granni
tu sì la vera surgenti
chi sazia i sintimenti.

A stissa aria ca sò calura crisci e mi turmenta
U cori vola sintennu sbṛizzi d’acqua di funtana
ndo mò jardineḍḍu
mi piaci stari sula.

A stissa aria ca sò calura crisci e mi turmenta
U cori vola sintennu sbṛizzi d’acqua di funtana
ndo mò jardineḍḍu mi piaci stari sulu
mi piaci stari sula.


Routes parallèles


Dimanche, journée de sirocco
on ne peut pas sortir
pour avoir un peu de fraîcheur
j'entrouvre la fenêtre
et je vais me reposer.

Le même souffle chaud grandit et me tourmente
le cœur s'envole quand dans l'ombre tu prends forme et apparais
je ne peux pas trouver le repos.

Maintenant le soleil
fait l'amour avec la mer
il n'y a rien de plus grand
tu es la source unique
où s'assouvissent les sentiments.

Le même souffle chaud grandit et me tourmente
le cœur s'envole au son de fontaines jaillissantes
dans mon petit jardin
il me plaît d'être seule.

Le même souffle chaud grandit et me tourmente
le cœur s'envole au son de fontaines jaillissantes
dans mon petit jardin
il me plaît d'être seul
il me plaît d'être seule.








Image : Javizz (Site Flickr)

vendredi 30 juillet 2010

Mattino d'estate a Bologna


Perché questo pianto improvviso
nel chiaro mattino ?
Mi son seduto ai piedi della Garisenda
a fumar la mia pipa.
Son entrato in San Bartolomeo
per rivedere il bell'Angelo dell'Albani
di cui mi parlava fanciullo mia madre.
Profumo d'incenso,
ombre dorate, figure curve.
Poi ho cercato un angolo morto
per piangere in pace,
una quercia, un angiporto,
un vicolo scuro.
Perché questo pianto dirotto
nel chiaro mattino ?

Filippo De Pisis Poesie, Garzanti ed.


Matin d'été à Bologne


Pourquoi ces larmes soudaines
dans le matin clair ?
Je me suis assis au pied de la Garisenda
pour y fumer ma pipe.
Je suis entré à San Bartolomeo
pour revoir le bel Ange de l'Albane
dont me parlait ma mère lorsque j'étais enfant.
Odeur d'encens,
ombres dorées, silhouettes voûtées.
Puis j'ai cherché un endroit retiré
pour pleurer en paix,
un chêne, une impasse,
une ruelle sombre.
Mais pourquoi ces torrents de larmes
dans le matin clair ?

(Traduction personnelle)

Image : Francesco Albani Annunciazione

samedi 10 juillet 2010

L'autre rive


À bientôt !







Régine Crespin chante L'Île inconnue, la dernière des mélodies du cycle des Nuits d'été, de Berlioz (poème de Théophile Gautier). Orchestre de la Suisse romande, direction : Ernest Ansermet.




Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller ?
La voile enfle son aile,
La brise va souffler.

L'aviron est d'ivoire,
Le pavillon de moire,
Le gouvernail d'or fin.
J'ai pour lest une orange,
Pour voile une aile d'ange,
Pour mousse un séraphin.

Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller ?
La voile enfle son aile,
La brise va souffler.

Est-ce dans la Baltique ?
Dans la mer Pacifique ?
Dans l'île de Java ?
Ou bien est-ce en Norvège,
Cueillir la fleur de neige,
Ou la fleur d'Angsoka ?

Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller ?

Menez-moi, dit la belle,
A la rive fidèle
Où l'on aime toujours !
Cette rive, ma chère,
On ne la connaît guère
Au pays des amours.

Où voulez-vous aller ?
La brise va souffler.









Source de la vidéo
: Site YouTube

Image : Renaud Camus (Site Flickr)

jeudi 8 juillet 2010

Serenata romana


Tosca chante Serenata de paradiso (Romolo Balzani) :

Sotto le stelle che brillano,
a mille a mille lassù,
co sta serata incantevole
ce manchi solo che tu
dormi e non pensi allo spasimo
che sto provanno qua giù.

Ma come poi dormì
co st'aria imbalsamata,
te voglio fa sentì
sta bella serenata,
te voglio fa sapè
quello che sei pe' me
sei la vita, la gioia e l'amore
e sto core sospira pe te.

Amore, tu che la culloli,
mentre che sta a riposà,
bacela in bocca e baciannola,
cerca de falla sveglià,
è mio quer bacio e sussuraglie
che me lo venga a ridà.

Te voglio fa sapè
quello che sei pe me,
sei la vita, la gioia e l'amore
e sto core sospira pe te...

Les étoiles là haut brillent par milliers,
la soirée est si belle, il ne manque que toi...

Mais comment peux-tu dormir, alors que l'air est si parfumé,
lève-toi et viens écouter cette belle sérénade...








Image : Lessio Site Flickr


mercredi 7 juillet 2010

L'alba a Marsala (L'aube à Marsala)


Je cite ici deux extraits du dernier ouvrage de Giuseppe Culicchia, Sicilia, o cara. Comme l’indique le sous-titre, Un viaggio sentimentale, l’auteur y évoque des souvenirs d’enfance, liés à sa découverte de la Sicile en 1972 (et plus spécialement de la ville de Marsala, que son père avait quitté vingt-cinq ans plus tôt pour chercher du travail à Turin). Le ton est souvent mélancolique et nostalgique, et le rythme de la narration plutôt contemplatif, bien loin en tout cas de la frénésie volontairement répétitive du précédent livre de Culicchia, Brucia la città.

Tutte le volte che torno a Marsala faccio in modo di passare almeno una sera seduto con le gambe penzoloni sul pelo dell’acqua all’estremità del molo per Mozia, guardando l’isola che si staglia nera contro il cielo invaso dal rosso del sole sul punto di tramontare al di là dell’orizzonte, nel breve tratto di mare che da qui sembra quasi unire, anziché separare, Marettimo e Favignana. In quel punto non si sente altro rumore che quello del mare e del vento. Se chiudo gli occhi mi rivedo in barca con mio padre, mia madre, mia sorella, con Nuzzo e il barcaiolo. È di nuovo il 1972. Siamo ancora tutti vivi. Sono ancora bambino. Poi li riapro.

(...)

L’alba a Marsala quando tutto si risveglia al sorgere del sole e il mare e il vento, o la sua assenza, ti dicono che giornata sarà, e il profumo di pini che ti fa venire voglia di andare a correre lungo la litoranea.

Cerco di immaginarmi come possa essere diversa l’alba a Marsala per chi a Marsala ci è nato e vissuto : l’alba dei panettieri, l’alba dei giornalai, l’alba di chi lavora nelle cantine e di chi ad agosto si alza dal letto per andare a vendemmiare. L’alba dei pescatori e l’alba dei militari, l’alba dei pasticceri e l’alba dei baristi. Di sicuro anche per loro c’è stato un giorno in cui da bambini si sono svegliati tanto presto la mattina e hanno pensato che la luce dell’alba rendesse Marsala ancora più splendente e meravigliosa che mai.

Marsala, dopo che ci sei stato, non ti lascia più. Impossibile dimenticarla. Al tramonto, ammirata da uno dei moli che si allungano sulle acque basse dello Stagnone, Marsala si tinge d’oro e di rosso e splende di una luce calda nel silenzio rotto solo dal rumore del mare.
Tu la guardi un’ultima volta e non puoi fare a meno di riprometterti di tornare a trovarla, un giorno.

Giuseppe Culicchia Sicilia, o cara Feltrinelli ed., 2010

Toutes les fois que je reviens à Marsala, je m’arrange pour passer au moins une soirée assis les jambes pendantes au-dessus de l’eau à l’extrémité de l’embarcadère pour Mozia, à regarder la silhouette noire de l’île qui se détache sur le ciel envahi par le rouge du soleil qui s’apprête à basculer de l’autre côté de l’horizon, dans le bras de mer qui d’ici semble unir, plutôt que séparer, Marettimo et Favignana. À cet endroit, on n’entend pas d’autre bruit que celui de la mer et du vent. Si je ferme les yeux, je me revois dans une barque avec mon père, ma mère, ma sœur, Nuzzo et le batelier. Je me retrouve en 1972. Nous sommes tous encore vivants. Je suis encore un enfant. Et puis je rouvre les yeux.

(...)

L'aube à Marsala, quand tout se réveille avec le lever du soleil, et la mer et le vent, ou son absence, te disent à quoi ressemblera la journée, et le parfum des pins qui te donne envie d’aller courir sur la route côtière.

J’essaie de m’imaginer combien l’aube à Marsala peut être différente pour ceux qui y sont nés et y ont vécu : l’aube des boulangers, l’aube des marchands de journaux, l’aube de ceux qui travaillent dans les chais, de ceux qui en août se lèvent pour aller vendanger. L’aube des pêcheurs et l’aube des militaires, l’aube des pâtissiers et l’aube des garçons de café. Il y a certainement eu pour eux aussi un jour où, enfants, ils se sont levés le matin très tôt en pensant que la lumière de l’aube rendait Marsala encore plus resplendissante et plus merveilleuse que jamais.

Quand on est allé à Marsala, on ne peut plus l’oublier. Au crépuscule, quand on l’admire depuis l’un des môles qui s’étendent sur les eaux basses du Stagnone, Marsala se teinte d’or et resplendit d’une lumière chaude dans le silence seulement rompu par le bruit de la mer. On la regarde une dernière fois et on ne peut pas faire autrement que de se promettre d’y revenir, un jour.

(Traduction personnelle)

Image : Site Flickr

Giuseppe Culicchia parle de Sicilia, o cara (en italien)

Quelques comptes rendus de lecture :

La Repubblica

Corriere della sera

La Stampa

Un autre compte rendu ici.

Murieduri, un site consacré à Giuseppe Culicchia.

mardi 6 juillet 2010

Ave Maria


Chant religieux traditionnel de Sardaigne (treizième siècle), adapté et interprété par Maria Carta. Je cite les paroles en sarde, puis en italien :


Deus ti salvet, Maria,
chi ses de gracias piena;
de gracias ses sa vena ei sa currente.

Su Deus Onnipotente
cun tegus es bistadu,
pro chi t'ha preservadu immaculada.

Beneitta e laudada
subra tottu gloriosa,
mamma, fizza e isposa de su Segnore.

Beneittu su fiore,
chi es fruttu de su sinu;
Gesus, Fiore Divinu, Segnore nostru.

Pregadelu a fizzu ostru
chi tottu sos errores
a nois sos peccadores, nos perdonet.

Meda grazia nos donet,
in vida e in sa morte,
ei sa diciosa sorte, in Paradisu.


Dio ti salvi, Maria,
che sei piena di grazia;
di grazie sei la vena e la corrente.

Il Dio Onnipotente
con te e' stato;
percio' ti ha preservato immacolata.

Benedetta e lodata
sopra tutti gloriosa
sei mamma, figlia e sposa del Signore.

Benedetto il fiore,
frutto del tuo seno;
Gesu' fiore Divino Signore nostro.

Prega tuo figlio
per noi peccatori,
che tutti gli errori ci perdoni.

E ci dia grazie,
nella vita e nella morte,
e una buona sorte, nel Paradiso.



Questo è il fin...


Atlante aixois sortant de la représentation de Don Giovanni, hier soir, au Théâtre de l'Archevêché.

À titre de consolation, voici une leçon de chant mozartien : Luigi Alva dans le rôle de Don Ottavio, en 1960, dans la même ville et le même théâtre (erano altri tempi...).






ll mio tesoro intanto
Andate a consolar,
E del bel ciglio il pianto
Cercate di asciugar.

Ditele che i suoi torti
A vendicar io vado,
Che sol di stragi e morti
Nunzio vogl’io tornar.

(Da Ponte - Mozart, Don Giovanni, Acte II, scène X)

Allez, pendant ce temps,
Consoler celle que j'aime
Et de ses beaux yeux cherchez
À sécher les larmes.

Dites-lui que je vais
Venger les torts qu'elle a subis
Et que je ne veux revenir
Que pour annoncer des massacres et des morts.


«Ce soir, 21 juillet [1958], je tourne le bouton de la radio. Ô merveille ! Je plonge d'un seul coup dans le Don Juan d'Aix. La terrible joie du débauché traverse la nuit orageuse et déferle dans cette chambre de Seine-et-Oise. Je n'irai pas dormir avant d'avoir reçu la visite du Commandeur. Ce sont les marches de mon escalier qui vont retentir dans un instant sous les semelles de pierre. Il vient toujours dans toute vie.»

François Mauriac, Bloc-notes 1958-1960


Source de la vidéo : Site YouTube

Image : Site Flickr

dimanche 4 juillet 2010

Corsicana


Maria Carta chante Corsicana (chanson traditionnelle sarde) :

Lu cori chi t'hagghiu datu
sta dì e notti tristu
no t'haissi mai vistu
pa no patì lu chi patu.

Lu cori chi m'hai presu
mai più me l'hai discioltu
di solti chi m'hai moltu
senza piddammi la vita.

Lu sonnu da l'occi mei
s'è di lu tutt'appaltatu
pinsendi in te incantatu
passu dì e notti intrei.

Dimmi cun sinzeridai
comu stocu in lu to cori
è veru chi m'hai amori
o no m'hai amatu mai ?

Le cœur que je t'ai donné
est triste le jour comme la nuit
si je ne t'avais jamais vue
je ne souffrirais pas ainsi.

Le cœur que tu m'as pris
tu ne me l'as jamais rendu
de sorte que tu m'as tué
sans jamais me prendre la vie.

Je ne ferme plus les yeux
le sommeil m'a fui
je passe mes jours et mes nuits
à ne penser qu'à toi.

Dis-moi avec sincérité
ce que tu ressens pour moi
est-il vrai que tu m'aimes
ou ne m'as-tu jamais aimé ?







Source de la vidéo : Site YouTube

Image : Gianluca Mureddu (Site Flickr)

samedi 3 juillet 2010

La Notte brava



Laurent Terzieff (27 juin 1935 - 2 juillet 2010)






«Je veux te couvrir de roses...»

Extrait de La Notte brava, de Mauro Bolognini (1959, titre français : Les Garçons)

Source de la vidéo : Site YouTube

Parlano (Elles parlent)



«C'è intorno una tale quiete che quasi si può udire il tintinnare di un cucchiaino che cade in Finlandia.»

Joseph Brodsky Fuga da Bisanzio


Parlano


Ma perché sempre dietro la mia parete ?
Sempre dietro le voci, sempre
quando scende la notte iniziano
a parlare, latrano o addirittura credono
che sussurare sia meglio. (Mentre mi sento
questo filo d’aria fredda delle loro parole
che mi gela, che mi lega
e mi tormenta nel sonno).
Ai confini del circolo polare
una coppia piangeva nella sua stanza
oltre un muro trasparente, luminoso,
tenero come fosse la membrana di un timpano.
(Mentre io vibravo, cassa
armonica della loro storia). Fino a che a casa mia
hanno rifatto il tetto, le tubature,
la facciata, tutto, e battevano sempre
chiacchierando tra loro solo quando dormivo,
solo perché dormivo,
soltanto perché fossi cassa armonica
delle loro storie.

Valerio Magrelli Esercizi di tiptologia, Einaudi ed.



«Le calme environnant est tel qu'on pourrait presque entendre le tintement d'une cuillère à café tombant en Finlande.»


Joseph Brodsky Loin de Byzance



Elles parlent


Mais pourquoi toujours derrière ma cloison ?

Toujours derrière, les voix, toujours
quand la nuit tombe ils commencent
à parler, ils aboient ou alors ils croient
que cela soit mieux de susurrer. (Et moi je sens
le filet d’air froid de leurs paroles
qui me glace, qui me ligote
et me tourmente dans mon sommeil.)
Aux confins du cercle polaire
Un couple pleurait dans sa chambre
De l’autre côté d’un mur transparent, lumineux,
fin comme la membrane d’un tympan.
(Et moi je vibrais, caisse
de résonance de leur histoire). Pour finir, chez moi,
ils ont refait le toit, la tuyauterie,
la façade, tout, et toujours ils cognaient
en ne bavardant entre eux que lorsque je dormais,
seulement parce que je dormais,
juste pour que je sois la caisse de résonance
de toutes leurs histoires.

Traduction : Bernard Simeone

Pensieri affini


Valerio Magrelli sur le site Terres de femmes

Image : Jukka Vuokko (Site Flickr)

jeudi 1 juillet 2010

Aria d'estate (2)


Franco Battiato chante Sigillata con un bacio (P. Udell - G. Geld - S. Leva, 1962)

Ci dobbiamo ormai lasciar per l'estate
io ti prometto però che sempre scriverò
e con un bacio la lettera sigillerò.

Passerò pensando a te questa estate
scrivendoti tutto di me e con un bacio amor
ogni giorno la lettera sigillerò.

Io so che ogni giorno nel sole ti rivedrò
lo so che tutte le notti nel buio ti cercherò.

Sarà bello per noi due ritrovarci
quando l'autunno verrà e tu ritornerai
con il vento in settembre ed io ti bacerò.







Cachetée avec un baiser

Nous devons nous quitter pour l'été
mais je promets de t'écrire
et la lettre sera cachetée avec un baiser.

Je sais bien que tous les jours, dans le soleil je te reverrai
et je sais que toutes les nuits, dans le noir je te chercherai.

Ce sera bien de nous retrouver tous les deux
quand l'automne viendra, et tu retourneras
avec le vent de septembre, et je t'embrasserai.

Image : Site Flickr

Source de la vidéo : Site YouTube

Sealed with a kiss